Profession : bibliothécaire – Damien, à la MMP

La bibliothécaire, dans mes vieux souvenirs, c’était la dame du CDI, avec son air sévère et pincé qui faisait férocement « chuuuuut » aux ados de mon lycée. Et pourtant, elle n’a pas réussi à me dégoûter du métier de bibliothécaire !

johnny depp cinematography is also gorgeous GIFLes puristes savent d’ailleurs qu’on dit « documentaliste », pas bibliothécaire. Pourtant elle fait partie, comme beaucoup d’entre nous, de cette obscure confrérie des bibliothécaires…

Mais quel est cet étrange métier ? Beaucoup croient encore qu’être bibliothécaire, ça consiste à passer son temps à lire, là où d’autres s’imaginaient plutôt « être Indiana Jones quand ils seraient grands » ?
D’où vient aux bibliothécaires le goût du contact avec le public, pourquoi aiment-ils le catalogage, que cherchent-ils à dire quand ils parlent de « facilitation » ou de « normes »?
En un mot : pourquoi ont-ils choisi ce métier et pas un autre ? Et comme il n’y a pas un seul métier de bibliothécaire, mais des milliers, qui recouvrent tous une réalité différente, on a eu envie de vous en présenter quelques-un.e.s ici, dans cette nouvelle rubrique :

Et pour l’inaugurer, je suis allée interviewer Damien, qui travaille à la Médiathèque Musicale de Paris :

Bonjour Damien, tu inaugures notre nouvelle rubrique sur le blog ! Peux-tu nous dire où tu travailles et avec qui ?
Je travaille à la Médiathèque Musicale de Paris, qui est située dans le forum des Halles; et je travaille avec une trentaine de collègues, et plus particulièrement avec le pôle Action culturelle et Médiation.

Peux-tu nous décrire une journée-type de ton travail ?
Ce qui est assez intéressant, c’est qu’on n’a pas qu’une journée-type : on peut par exemple commencer la journée par des rendez-vous extérieurs parce qu’on fait beaucoup de partenariats avec d’autres institutions. Ce matin, j’avais rendez-vous ici avec toi et avec une équipe de tournage qui vient filmer à la Médiathèque; demain j’ai rendez-vous au Musée de l’Immigration…
La journée-type consiste aussi à répondre à beaucoup de mails, à faire attention au bon fonctionnement du planning et du calendrier, et organiser de nombreux rendez-vous avec des gens très différents, tout en continuant à assurer le service public au sein de la bibliothèque. Équilibrer tout ça tient parfois de la gageure !

Pourquoi as-tu choisi ce travail-là et pas un autre ?
J’ai travaillé dans d’autres établissements mais comme j’ai toujours été fan de musique, et musicien aussi, le fait de pouvoir travailler ici me permet d’allier travail et plaisir.
La question de la musique en bibliothèque est assez passionnante parce qu’il se dégage une vraie problématique : il y a des défis à relever, comme le CD dont les prêts en bibliothèque sont en chute, et c’est assez stimulant – en tous cas moi ça me plaît bien – d’essayer de trouver des solutions.
C’est une des raisons; mais j’aime aussi avoir des missions où il faut réfléchir et sortir de l’idée d’être uniquement « gestionnaire ».

Que préfères-tu dans ton métier ?
Ce que je préfère, c’est pouvoir rencontrer beaucoup de personnes différentes; chose que je n’avais pas anticipée en choisissant le métier de bibliothécaire.
Je parle du public mais aussi des partenaires extérieurs, et c’est une caractéristique assez spécifique de mon poste à la Médiathèque. C’est-à-dire que je vais rencontrer des collègues, des musiciens invités, des conférenciers, des médiateurs de musées, des scientifiques, des graphistes… C’est ça qui est absolument passionnant, c’est que dans la même journée on peut avoir un rendez-vous avec des personnes qui exercent toutes des métiers différents, et c’est l’aspect le plus étonnant qui me plaît beaucoup dans mon travail.
Ce que j’apprécie aussi dans mon métier, c’est de réussir à intégrer le numérique dans nos pratiques. J’interviens souvent sur la question de la musique et du numérique en bibliothèque dans des conférences, où on aborde aussi la question des droits sur Internet, par exemple lors des rencontres nationales des bibliothécaires musicaux.

Qu’est-ce que tes amis ou tes connaissances te disent de ton métier et qui peut parfois t’agacer ou te faire rire ?
Leur vision du métier de bibliothécaire a évolué : au début, on me disait : « ah, tu vas prêter des disques de Céline Dion ? » ou : « tu prêtes du classique à des vieux messieurs ? » et finalement, ils se rendent compte qu’on fait venir des musiciens anglais, qu’on propose des expositions, qu’on anime une émission de télé qui est diffusée sur France Ô, on invite des gens comme Edwy Plenel…
Je pense que le regard des gens sur le métier a changé. Là où on pouvait penser que le bibliothécaire prête des documents poussiéreux, on réalise plutôt que c’est un métier beaucoup plus dynamique qui englobe des réalités bien différentes.

Qu’est-ce que tu considères comme complètement faux sur le métier mais qu’on te dit souvent ? (Ou cliché !)
On prête des disques, on les range, on prête des disques, on les range… Éventuellement on renseigne sur Mozart, on indique où sont les toilettes…
Non, notre métier n’est pas qu’être derrière un bureau à prêter des documents… Et certains lecteurs sont toujours surpris de s’apercevoir que nous sommes 30 dans l’équipe. Faire visiter la Médiathèque est souvent le moyen de confronter les gens à la réalité. Parfois on ne voit aussi que le fonctionnaire sans voir le métier, et puis finalement, les gens réalisent qu’il s’agit d’un vrai métier, et qu’il y a un côté « couteau-suisse » où il faut savoir faire pas mal de choses.
Ce n’est ni un métier poussiéreux, ni un métier redondant.

Si tu devais travailler dans ta bibliothèque idéale, à quoi ressemblerait-elle ?
J’aimerais en faire un endroit agréable en termes de design, de mobilier, de lumière… Ce serait le mix parfait entre la place des collections et un endroit dans lequel on puisse se sentir bien pour consulter ces collections. Tout résiderait dans cet équilibre entre collections et accueil du public.
Ici à la MMP, on ne souhaite pas réduire trop massivement nos collections : beaucoup disaient que le streaming allait tuer le disque, puis que les films allaient disparaître aussi, mais il ne faut pas voir à court terme. Les collections restent le « nerf de la guerre ».

Si tu n’avais pas été bibliothécaire, quel métier aurais-tu aimé faire ?
Plein !
Être journaliste ou organiser des expositions ou des concerts, sont les deux domaines que je préfère. Avec le métier de bibliothécaire, je retrouve des aspects de ces métiers : je ne suis pas vraiment journaliste mais je me retrouve à interviewer des gens ou à accueillir le patron d’un label de musique. Et je me retrouve même à faire ingénieur du son le soir !

Es-tu Lego Ou Playmobil ?
Un mix des deux, évidemment !

Scarlett ou Arlette ?
Scarlett.

Raclette ou tartiflette ?
Raclette !

Merci Damien !

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