Projet Crocodiles, parler du sexisme ordinaire

Thomas Matthieu a beaucoup d’amies. Elles se confient à lui, racontent leurs mésaventures dans les rues, les bars, la nuit, le jour, le métro, les parcs, la rue encore. Il est surpris, surpris d’être surpris. Alors il décide de coucher toutes ces histoires vraies sur papier dessiné.

De ce constat amer naît  « Projet Crocodiles », un  Tumblr nécessaire, qui dénonce, explique, juge le sexisme ordinaire, celui dont on dit encore, vous moi les autres, qu’il n’existe plus, qu’aujourd’hui les femmes ont déjà bel et bien obtenu les mêmes droits que les hommes, alors pourquoi se plaindre ?

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C’est vrai les femmes se sont battues et ont obtenu des droits. Mais il reste tant à faire, ici comme ailleurs, surtout quand on sait qu’ absolument toutes les femmes ont été victimes de « harcèlement de rue ».

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C’est insidieux, niché dans le quotidien, certains trouvent même qu’un compliment à la volée c’est sympa, et depuis la nuit des temps les femmes se sont habituées. Et parfois c’est vrai. Mais parfois ça fait peur, ou ça blesse. Ce sont à elles seules de décider. Et puis il y a les agressions, les viols qu’on n’arrive même pas à nommer et qui donnent envie de vomir.

La preuve que ce n’est pas gagné, ce sont les réactions à la sortie de la BD, beaucoup de détracteurs s’en sont pris à Thomas Matthieu : pourquoi tous les hommes en crocodiles ?

Quelques réponses de l’auteur :

« Quand on est un homme hétéro  blanc en France, on n’a pas souvent l’occasion de se remettre en question, alors que c’est précisément ce statut qui me maintient dans l’ignorance de ce que peut vivre une personne stigmatisée pour son sexe, sa couleur de peau, sa sexualité ou son genre, résume-t-il. Je ne me fais pas siffler ou harceler dans la rue, je ne réfléchis pas à quels vêtements ne pas mettre. Si je rentre tard le soir, j’aurais peur de me faire agresser et pas de me faire violer.”

mais encore :

(« C’est une) Métaphore un peu clichée du dragueur/prédateur, on peut aussi y voir une illustration du privilège masculin. Car dans le Projet Crocodiles, même les types sympas sont montrés en crocodiles, tout comme ils jouissent de certains privilèges, sans même s’en rendre compte. » 

Le passage du Tumblr au papier permet un enrichissement de quelques documents : un texte de l’auteur expliquant sa démarche,  des postfaces, signées par trois femmes – Lauren Plume du blog Les Questions Composent, Irène Zeilinger, Anne-Charlotte Husson du blog Genre ! – et le collectif Stop Harcèlement de rue.

Le vivre au quotidien est un fait, le lire noir sur vert est un choc. La mise à distance est violente, et certaines histoires extrêmement dures.
Mais on ne peut pas passer à côté si on veut avancer sur ces questions, à diffuser largement.

Elise

PS : pour le retrouver à la bibliothèque, c’est par là.

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2 réflexions au sujet de « Projet Crocodiles, parler du sexisme ordinaire »

  1. C’est exactement ce que vivent toutes les femmes ! Rien d’exagéré du tout, merci d’aider à cette prise de conscience qui est malheureusement encore très éloignée de la réalité pou beaucoup de personnes.

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