Comment c’est loin !

comment-cest-loinOn vous avait déjà parlé des deux « Débiles léger » (Dixit eux-mêmes) lors de la sortie de leur dernier album, mais puisqu’ils reviennent avec un film, c’est l’occasion de reparler un peu des Casseurs Flowteurs.

Je vous l’avoue : en voyant l’affiche, j’avais pensé qu’il s’agirait d’un enfilage de Sketchs typés « Bloqué » pendant 1h30, et si l’idée ne me déplaisait pas, je n’avais pas vraiment d’attente particulière, au mieux une certaine curiosité à voir ce que ces deux-là pouvaient produire sur un format long.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la curiosité fut payante.

Ce film avait pourtant toutes les raisons de se planter, ou, au moins, d’être une de ces productions ni-bonne-ni-mauvaise mais en tout cas rapidement oubliée : un casting fait avec des potes dont beaucoup ne sont jamais passés devant une caméra, un scénario écrit par un type certes brillant mais qui n’a jamais fait de cinéma, une réalisation à la même sauce – même si aidée Cristophe Offenstein, le réalisateur de « En solitaire » – et pour finir, le projet de raconter la vie de deux glandeurs pas si magnifique que ça, vissés dans leurs canapés entre doutes existentiels et glorieuse défonce… Bref, le projet qui peut très rapidement tomber dans des clichés faits et refaits : Il y a aisément plus de clones ratés de Clerks que de Canards dans les bureaux de la bibliothèque. (Et dieu sait que l’innocent Anatidaephobe vivrait un moment difficile chez nous).

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L’histoire est simple : deux trentenaires qui peinent encore à réaliser qu’ils ne sont plus des adolescents essayant tant bien que mal de faire un album de rap, surfant sur les restes de gloire d’un passage sur  une radio amateur 5 ans plus tôt. Et depuis… Rien. Si ce n’est un producteur quelque peu fatigué d’entretenir nos deux glandeurs, et qui décide d’un ultimatum : 24 heures pour finir un morceau, ou dehors.

Dernier détail : pour ne rien arranger, ils vivent à Caen. Oui oui, deux trentenaires désœuvrés qui essayent de percer dans le monde du rap Caennais.

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Par bien des aspects, il s’agit donc de la relecture cinématographique de leurs albums, et les clins d’oeil à ce dernier se multiplient, avec évidemment l’incontournable passage dans un abribus. Le film prend d’ailleurs parfois l’apparence d’une comédie musicale rap – Sisi, c’est possible, je vous jure – et le fait avec talent, réussissant à incruster naturellement sa musique dans la trame de l’histoire, sans jamais sembler forcer le récit.

Comment c’est loin arrive donc à flirter avec les clichés sans jamais tomber dedans. Enchaînant blagues potaches, moments de grandeur du loser en pleine transformation et morceaux de rap très chouettes, le film se crée une identité spécifique, jouant des codes du genre pour les mettre au service de l’histoire, sans pourtant s’y abandonner complètement.

Bref, une vraie réussite surprenante, qui pourra tout autant séduire les amateurs des morceaux du groupe que ceux à la recherche d’un film à la fois drôle et touchant !

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