L’été, le temps des blockbusters

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En 1975, en plein été, un film sur les ravages d’un requin sur les plages d’Amity déclenchait l’hystérie des foules et Steven Spielberg détenait son premier fait de gloire. L’année d’après, ce sont les aventures de Luke Skywalker, Han Solo et Leia qui déchainaient les passions. Le blockbuster est né, phénomène estival qui perdure aujourd’hui et fait la joie des cinémas de bord de mer (parfois improvisés) comme des multiplexes où l’on vient profiter de la climatisation.

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Et oui, comme c’est l’été, qu’il fait chaud, qu’on est en vacances, on a tendance à aller se réfugier dans les salles de cinéma, pour y voir ce qu’on a (fâcheusement) tendance à considérer comme du cinéma « décérébré » (bon, même si parfois, c’est assez vrai… et assez plaisant).

Et si je commence à vous citer quelques titres majeurs, j’en entends qui vont s’offusquer en hurlant « je me souviens bien, ce film est sorti en décembre, j’y suis allé en famille, ma grand-mère avait pris des Chocolettis et on était au troisième rang, etc… », et vous auriez raison. Et tort…

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La faute à qui ? A une exploitation française longtemps désertée en été et des distributeurs qui ont longtemps préféré sortir les films en différé (de Septembre à Décembre) pour optimiser les entrées et engranger plus de pépètes. Jusque dans les années 2000 (et l’arrivée du net et d’un certain téléchargement illégal), sortir les films en différé ne posaient aucun souci. On pouvait proposer un film, sorti en mai aux USA, en décembre. Cette diffusion en différé faisait la joie de la presse cinéma (qui avait vu les films en avance, en avant première exclusive, et pouvait nous faire bien baver d’impatience), de festivals comme celui du film américain de Deauville (qui accueillait les stars de l’été et les gros films). Et puis il y avait le buzz fou, qui faisait qu’un succès en salle aux USA arrivait chez nous déjà auréolé d’une aura de phénomène de société (oui, rien que ça).

« Elle fut la première »

Par exemple, « les dents de la mer » est sorti en janvier 1976 en France, soit 8 mois après sa sortie aux USA. D’imaginer le film d’été par excellence (une plage, un requin, des orteils à croquer) sortir en plein hiver est un peu farfelu… Reste que les films n’avaient alors qu’une seule existence, la salle, et que les exploitations étaient extrêmement longues. Et ça marche dans les deux sens, puisque certains blockbuster d’été, comme Piège de Cristal (John McTiernan, 1988) dont l’action se passe à Noël (c’est d’ailleurs MON film de Noël), est lui sorti en plein été, pour maximiser les entrées d’un film d’action qui en son temps, n’aurait probablement pas aussi bien marché en hiver.

Mais voilà, avec le téléchargement, associé avec la naissance des multiplexes et l’émergence d’autres supports pour le film (le DVD/Bluray et la VOD), les sorties sont devenues mondiales et le « summer movie » est estival partout dans le monde.

BREF ! Un petit Top 5 de ce qui définit au mieux un summer movie :

1- Steven Spielberg

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Oui, il est un point à lui tout seul… Il est le créateur involontaire du genre, mais aussi l’un des plus grands fournisseurs de ces grands films qui squattent les salles entre Mai et Aout (la saison des blockbusters). Avec Les dents de la mer en 1975, Spielberg donne le ton. Avec la série des Indiana Jones (en alliance avec un autre bonhomme dont on parlera plus bas), puis « E.T », « Jurassic Park » ou encore « Il faut sauver le Soldat Ryan », Spielberg a donné ses lettres de noblesse au blockbuster, un ton, une signature.

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En tant que réalisateur, évidemment, mais aussi en tant que producteur, avec rien de moins que « Retour vers le futur », « Les Goonies », « les Gremlins » et « l’aventure intérieure » de Joe Dante, les « Men In Black » ou encore récemment la série de « Transformers » ou « Super 8 » de Joe Dante… Incontournable maître de l’été. D’ailleurs, en 2002 et 2005, il a tourné deux films avec…

2- Tom Cruise

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Oui, en pleine exploitation de « Mission: Impossible Fallout » et sa course-poursuite folle dans les rues de Paris, on ne peut échapper à Tom Cruise. Depuis 1986, avec « Top Gun » qui fait de lui une star, Cruise est l’acteur emblématique du summer movie.

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Il y a évidemment la série des Missions : Impossible (6 épisodes de 1996 à 2018), mais aussi des collaborations riches avec Spielberg (Minority Report et Le Guerre des Mondes), Michael Mann (le génial Collateral) ou encore Stanley Kubrick (Eyes Wide Shut).  Mais pas que, on citera aussi des perles comme « Edge of Tomorrow » (Doug Liman, 2014) ou encore son improbable prestation en producteur psychopathe dans « Tonnerres sous les tropiques » (Ben Stiller, 2008).

3- Des grosses franchises

Oui, parce que qui dit gros films qui rapportent beaucoup d’argent dit suite, dit franchises. L’été, c’est aussi et surtout le règne des suites à volonté ! Plaisir de retrouver des héros années après années ou lassitude et paresse d’Hollywood, chacun trouvera son camp.

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La première série à s’être mis bien sous les climatiseurs, ce sont les Star Wars de George Lucas, première et seconde trilogie, de 1976 à 2005. On pourra citer Jason Bourne, Fast and Furious, les Transformers ou encore les innombrables Pirates de Caraïbes…

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On le sait peu mais Batman, dans ce costume, ne pouvait pas tourner la tête… En gros les méchants se décalait un peu sur les côté et il était fait le monsieur chauve-souris…

Et en parlant de suites, on ne peut éviter de parler des Super-héros. Depuis 1989 et le succès du « Batman » de Tim Burton, les héros en costumes se taillent la part du lion chaque été. Il y a Les X-men de Bryan Singer, la Trilogie « Dark Knight » de Christopher Nolan et surtout le Marvel Cinematic Universe, qui prennent film après film toujours plus d’importance (cette année, Les Avengers ont entamé l’été, et Ant-Man est encore en salle).

Ce gant a rapporté 2 milliards de dollars à Disney… ouais, hein !

L’esprit de franchise se retrouve aussi via des studios qui sont à eux seuls une marque de fabrique, notamment dans l’animation, Pixar (de Nemo aux Indestructibles 2) ou Dreamworks (Shrek, Kung Fu Panda, tout ça…) pour ne citer qu’eux…

 

4- Des champions de l’action

 

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Die Hard 3: Bruce, Jeremy Irons, Sam Jackson, New York… What else?

Oui, on les oublie pas dans ce texte fleuve. Impossible de ne pas mentionner ici les rois de la pyrotechnie, les maîtres de la scène impossible, du plan qui claque bien ! Souvent servi par des acteurs clés (coucou Arnold), on ne peut que leur rendre hommage. Allez, au hasard, 3 références : James Cameron (Aliens, Abyss, Terminator 2), John Mc Tiernan (Predator, Last Action Hero, Die Hard 1 et 3) ou encore Michael Bay (The Rock, Armageddon).

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Inception

Ils sont d’ailleurs bien souvent étrangers, ces stars de l’action. Citons les anglais Ridley Scott (Alien, Gladiator) et son petit frère Tony (Top Gun), Christopher Nolan (Inception ou encore Dunkerque l’an passé).

Pour que ça pète, choisissez bien, choisissez allemand ! #merciroland

Impossible de ne pas mentionner les super-patriotiques allemands Roland Emmerich (Independance Day, Le jour d’après) ou encore Wolfgang Petersen (Air Force One, En Pleine Tempête, Troie… que des chefs d’œuvre inoubliables, merci Wolfgang).

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Robocop, le blockbuster subversif façon Paulo

On citera aussi les Néerlandais Paul Verhoeven (Robocop, Total Recall, Hollow Man) et Jan De Bont (Twister, Speed), le premier ayant réussi à amener un peu de controverse et de subversivité à ses belles machines…

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Oui oui, il a un paquebot à la main… #magieducinéma #merciguillermo

D’ailleurs, on ne trouve pas que des européens, puisque par exemple le Hong-Kongais John Woo (Volte-Face, Mission: Impossible 2), le Mexicain Guillermo Del Toro (Pacifi Rim) ou le Sud Africain Neil Blomkamp (District 9) ont aussi quelques belles scènes parmi leurs faits d’arme.

5- La contre-programmation

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On s’échappe ici un peu de blockbuster. Oui parce qu’entre les gros bras, il y a un peu de place pour d’autres films, qui ciblent d’autres publics qui eux aussi aiment le frais, le pop-corn et le Dolby Surround…

Ah, Patrick…

Il y a les comédies romantiques avec Dirty Dancing (parce qu’on ne laisse pas Bébé dans un coin), Ghost (Parce qu’on ne laisse pas Demi Moore faire de la poterie toute seule), Notting Hill (Parce qu’on ne lais… bon, vous avez compris), 500 jours ensemble, Le Diable s’habille en Prada ou encore Mamma Mia (le 1, le 2…). Et puis il y a le petits films indépendants qui se font une place aussi, comme Little Miss Sunshine ou Garden State (Zach Braff, 2004).

« Viens jouer avec nous »

On citera aussi des films de grands réalisateurs qui sont quelque part des contre-programmation comme les derniers films de Stanley Kubrick (Shining,1980, Full Metal Jacket, 1987, Eyes Wide Shut, 1999) qui ont eux aussi trusté les salles et les drive-ins.

 

Il a aussi les petites comédies américaines, les teen movies chers à John Hughes (La folle journée de Ferris Bueller, etc…), les films de potes (« Very Bad Trip » ou « Mes meilleures amies », au choix) ou encore les œuvres potaches des Frères Farrelli (« Mary à tout prix » ou « Fous d’Irène »).

Bon, tout ça fait un peu fourre-tout, mais bon, difficile de résumer 50 ans de productions estivales en ce quelques phrases, difficile aussi de « classer » ou de sélectionner une œuvre plus symbolique vis à vis d’une autre… L’essentiel, c’est de boire frais, de préférer le côté obscur de la salle et de passer un bel été… Et puis si vous avez raté quelques uns de ces merveilleux films, ils sont probablement empruntable dans l’une des bibliothèques près de chez vous…

 

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