#canardsconfits-nés : journal de bord d’une bibliothécaire -pas trop- désespérée

Jours 8, 9, 10 : du lundi, euh, 23 Mars, au mercredi 25.
J’ai fait des trucs exceptionnels.
J’ai nettoyé mon lave-linge. Si si, vous savez, le hublot et tout.
J’ai passé le chiffon à poussière dans des endroits inconnus de mon appartement, ceux qui sont trop hauts ou trop bas pour qu’on s’intéresse de près à ce qu’il s’y passe. Rangé 23 paires de chaussettes, trouvé une seule dépareillée. Nettoyé les joints de ma baignoire. Je suis Monica Geller.

J’ai lu 5 numéros du Journal de La Maison. Je suis incollable sur la pose d’une véranda. (Je vis dans un appartement parisien, et alors ?)
J’ai désamorcé deux bombes avec mon copain, ce jeu m’a autant déridée qu’un exercice de maths niveau 3ème.
J’ai regardé les gros pigeons se pavaner devant mes fenêtres, et pour la 1ère fois de ma vie, j’ai été jalouse d’un gros pigeon parisien.
J’ai fait environ 54 parties de Mario Kart. Je finis péniblement 2ème sur le podium.
Mon chat dort toujours 22h / jour : je crois qu’il gère le confinement.
Mes collègues veulent qu’on se fasse des conf’call en vidéo. Je n’ai pas compris quel logiciel il fallait installer, alors je montre plein d’enthousiasme mais je sens que je rate plein de potins.

Jour 11 : jeudi 26 Mars
J’ai commencé un nouveau récit, celui de Giulia Foïs : « Je suis une sur deux« .
Pourquoi ce livre ?
Parce que j’ai été interpellé par la formule utilisée par la journaliste pour définir l’agression sexuelle qu’elle a vécu : elle parle du « bon viol ». Celui qu’on se représente encore trop facilement, le viol d’opportunité, par un inconnu qui utilise un couteau et choisit sa victime dans un parking le soir tombé. Or, son violeur est aussi un « bon contribuable », blanc, footeux, père de famille. Inimaginable, donc, de le condamner, c’est pourquoi il sortira de son procès sans dommages… Comment se reconstruire après ce double traumatisme : le viol et l’impunité du coupable ?

Vous pouvez télécharger ce récit sur le site de la bibliothèque numérique.

Jour 12 : vendredi 27 Mars
Le temps commence à s’étirer sans fin…. Je suis de mauvaise humeur. Active. Mais de mauvaise humeur.
Alors je décide de faire des boutures à partir de mes plantes d’intérieur… Qui sait, peut-être que comme les deux dernières années, nous pourrons organiser un troc de boutures à la bibliothèque ?

Une petite plante, un petit pot chiné 1€ en brocante, et zou, c’est parti !

Jour 13 : samedi 28 Mars
Je mets une raclée à mon partenaire de jeu à Seven Wonder Duel. Enfin un chouette jeu pour deux, avec en plus un graphisme soigné et réussi. Je suis nulle à Mario Kart, mais bonne en stratégie démoniaque pour piquer ses points de victoire, l’empêcher de faire des maillages juteux, et saboter ses merveilles.

Quand le confinement sera terminé, c’est un jeu que vous pourrez demander à la bibliothèque, on pourra vous expliquer les règles et vous lancer dans une partie forte en rebondissements !

Jour 14 : Dimanche 29 Mars
Je tente des essais culinaires douteux. Cette salade à base d’épeautre, d’artichauts et de lentilles ne restera pas un souvenir impérissable.

J’ai regardé le replay de « Silence ça pousse ». Je veux avoir un jardin pour demander à Stéphane Marie de tout refaire.
J’ai aussi regardé Friends, dans un été de semi-apathie. J’entends la voix de Quentin me dire que Ross est un personnage masculin hyper problématique et toxique. Je continue le débat dans ma tête, en entendant les contre-arguments de Quentin. Je refuse de penser que nous sommes plusieurs dans ma tête.

Jour 15 : Lundi 30 Mars
En 2 semaines de confinement, je glane péniblement quelques points positifs de cette période bizarre :
– Terminés les plats préparés pour 2 : pour s’économiser des temps de cuisine à répétition, on a appris à cuisiner pour 4, ou deux fois deux repas.
– Le coussin d’allaitement, c’est vachement utile pour tenir 4h de jeux de rôle exilé dans la chambre !
– Mon balcon n’aura jamais été aussi pimpant, propre, et rangé que ce 30 Mars 2020. Manquerait plus que les températures montent un peu pour qu’on prenne l’apéro dehors !

Regardez-moi ces géraniums fringants !

– Mon chat nous aime bien, mais lui aussi a besoin de « son » espace, de « ses » temps à lui. Je crois qu’il se demande pourquoi on ne retourne pas au travail, quelqu’un doit bien payer les croquettes, non ?

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