#ellesdéchirent : Hunter dans « Swallow »

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Hunter est une délicate jeune femme que l’on croirait tout droit sortie des années 50 ou d’un roman anglais à l’eau de rose. Elle évolue dans un univers qui lui semble assorti, neuf, beau et tout à fait lisse ; atmosphère globale rose bonbon dans cette maison reculée de la banlieue de New York. Elle est une épouse parfaite, terriblement polie et dévouée à son mari bellâtre et richissime, qu’elle passe ses journées à attendre en soignant les buissons de fleurs de son immense jardin.

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Elle tombe enceinte. Et si un certain malaise était déjà palpable, à travers une mise en scène en huis clos et gros plans sur l’héroïne, il s’intensifie brusquement à partir de là.

Elle se met à avaler des objets, de plus en plus pointus, gros, dangereux pour elle, ce qui nous vaut quelques scènes quasi insoutenables. C’est la maladie de pica, mais ce n’est pas tout à fait le sujet du film, même si la manière dont est traité ce point précis est vraiment intéressante.  Lorsque son entourage s’en aperçoit, elle va devoir affronter leur rejet, et faire un sacré détour dans son passé.

« Swallow » (avaler en anglais) s’étire et nous emmène dans des recoins bien noirs, jamais là où on l’attend. Mais pour moi, Hunter a surtout été l’héroïne de mon hiver. Je ne peux pas dire tout à fait en quoi, je dirais trop du film, alors je vous laisse découvrir.

Ce qu’il est possible de dire, c’est qu’Hunter est un personnage, déjà intense sous ses airs de gentille fille, qui s’avère bien plus complexe qu’elle ne paraît, et surtout d’une force de vie déchirante.
La comédienne Haley Bennett, fascinante, qu’elle passe l’aspirateur ou qu’elle avale une vis, est de chaque plan, elle porte le film avec subtilité, on a la sensation de l’accompagner, d’être dans sa tête, de partager ses angoisses et ses secrets nébuleux. Il va lui falloir un sacré courage pour se libérer, s’envoler. La mise en scène est telle que l’on vit tout ceci avec elle. Il est certain qu’on a mal au ventre et que chaque fois que la caméra se pose sur un objet, notre voix intérieure hurle « Non !! pas le tournevis !! » ; ce qui peut être aussi assez drôle finalement.
En tout cas, c’est une expérience unique.

Je pense souvent à Hunter, je me demande ce qu’elle est devenue, comme si j’avais rencontré quelqu’un. C’est vraiment à elle que je pense, plus qu’au film dans son ensemble. Elle me manquerait presque.

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Ah tiens, une jolie bille aux reflets cuivrés sur mon tapis…

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