#ellesdéchirent : monstrueuse découverte !

Il n’était pas possible de préparer cette nouvelle saison de #Ellesdéchirent sans vous parler d’Emil Ferris, cette autrice de BD américaine hors norme !

Pour celleux qui auraient loupé l’info, ou ne seraient tout simplement pas versé.e.s dans l’univers bédéiste, cette artiste a reçu fort justement le fauve d’or d’Angoulême en 2019 pour son ouvrage Moi, ce que j’aime, c’est les monstres. 

Monstres_Cover1Une BD… monstrueuse : plus de 800 pages dessinées au stylo bic et faisant manifestement hommage à la culture pop horrifique des années 60. Impossible de vous résumer ce 1er tome (car oui, un second opus est attendu un de ces jours!) tant il est touffu ! Emil Ferris a développé un style personnel immédiatement identifiable – je ne crois pas avoir jamais lu de BD réalisée au stylo – avec une atmosphère tirant sur le bleu-mauve qui nous plonge dans un univers de film noir/fantastique/horrifique. On ne sait pas si les proportions parfois un peu fantaisistes sont une maladresse ou un choix pour renforcer le côté étrange, inquiétant de cet opus.

Que peut-on vous dire sans gâcher le plaisir ? On suit Karen, une petite fille des quartiers pauvres de Chicago qui se voit (littéralement) comme un monstre et qui va enquêter sur la mort de sa voisine. Voilà pour un topo vraiment de base. Mais vous vous doutez que ce roman graphique est bien plus que cela, mêlant vie quotidienne dans les quartiers difficiles, imaginaire enfantin, plongée dans un passé historique glauque et amour filial. Une seule question  nous taraude le long des récits croisés qui se tissent : qui sont réellement les monstres dans cette histoire ? Ce n’est pas une comédie, on ne va pas vous mentir, mais c’est tout de même un petit chef-d’œuvre qui vaut le détour !

emilferrisselfportrait

On est d’autant plus impressionné lorsqu’on découvre les conditions dans lesquelles a été réalisé cet ovni illustré. Piquée par un moustique, Emil Ferris a eu la malchance de contracter une grave maladie qui lui a paralysé les jambes et partiellement la main. Elle a donc dû réapprendre à marcher et à écrire. Moi ce que j’aime, c’est les monstres a été réalisé en pas moins de 10 ans de travail ! Comme si cela ne suffisait pas, son récit -hors norme comme on l’aura compris- a été refusé 48 fois avant de trouver preneur aux États-Unis et de rencontrer le succès qu’on lui connaît. Sans verser dans le sensationnalisme, il faut reconnaître que cette trajectoire de vie force le respect !

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