Nous les Filles de Nulle part – Amy REED

Amy Reed a écrit son dernier roman « Nous les filles de nulle part » à la suite de l’affaire Brock Turner (un jeune athlète de la prestigieuse université Stanford reconnu coupable du viol d’une étudiante inconsciente et condamné à six mois de prison en juin 2016) et de la lecture de deux livres :

« L’idée est née en 2015 peu de temps après avoir lu deux incroyables romans jeunesse sur la culture du viol, « The Way I Used to Be » d’Amber Smith et « All the Rage » de Courtney Summers. Je travaillais à guérir mon propre traumatisme. Je pensais à toutes ces histoires lues aussi dans les médias et à ces vies, et ce qu’elles avaient en commun étaient que les filles étaient seules. Personne ne les a crues, personne ne s’est mobilisé pour elles. Les institutions censées les protéger ont perpétué leur traumatisme et les ont jugées. Je voulais écrire un livre pour combattre ce système, un livre sur de jeunes femmes reprenant leur pouvoir et créant leur propre système pour se soutenir mutuellement. »

Amy Reed, autrice du livre « Nous les filles de nulle part ».

https://www.20minutes.fr/culture/2238295-20180316-amy-reed-devons-etre-complices-propre-oppression-clame-auteur-filles-nulle-part

« Nous les filles de nulle part » s’attache au parcours de Grace, Rosina et Erin, trois lycéennes en butte au racisme, à l’homophobie et à la discrimination mais également, en tant qu’êtres humains de sexe féminin, à la culture du viol dans une société américaine patriarcale et puritaine qui défend davantage les agresseurs que les victimes. Dans leur ville, quelques mois auparavant, trois garçons ont violé Lucy, une de leur condisciple : au lycée, tout le monde le sait mais personne ne l’a défendue et sa famille a fini par quitter la ville. Un beau jour, nos trois héroïnes décident qu’elles ne peuvent plus continuer à se taire : elles créent alors le groupe des filles de nulle part, bien décidées à faire bouger les lignes et à rendre justice à Lucy.

Après la lecture de ce roman, je me dis que c’est exactement le genre de livre que j’aurais aimé lire étant ado, avant de débuter ma vie sexuelle. Il aborde en effet des questions comme la culture du viol, le slutshaming ainsi que les notions de consentement et de plaisir ; des thématiques qui étaient peu ou pas présentes dans la littérature jeunesse quand j’étais moi-même adolescente au début des années 2000 et qui sont pourtant extrêmement importantes quand on découvre la sexualité. Autre point intéressant à souligner, les trois héroïnes d’Amy Reed ne sont pas hétéronormées : Grace est grosse, Rosina est lesbienne et d’origine mexicaine, Erin quant à elle est autiste. On ne peut qu’approuver le choix de l’autrice de présenter une image réaliste de la société américaine, d’autant qu’il permet aux lecteurs.trices de s’identifier plus facilement aux personnages.

Aujourd’hui, même si je ne suis plus une ado, je revendique haut et fort cette lecture qui m’a fait du bien. On peut à tout âge être confronté.e à ce type de violence physique et verbale et c’est pourquoi l’autrice fait passer un message positif de solidarité et de fraternité : quand les femmes s’organisent contre leurs prédateurs, se soutiennent entre elles et se défendent les unes les autres alors la société n’a pas d’autre choix que de reconnaître la pertinence de leur combat, de les accompagner et de leur rendre justice.

Retrouvez ce roman dans les bibliothèques parisiennes.

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