#Avent 2019 : Chronique jeu vidéo sur Radio Aligre

Edito: L’article qui va suivre est la retranscription de l’émission du 14 mars 2018 de Radio Aligre « Ecoute! Il y a un éléphant dans le jardin ». Ne vous étonnez donc pas d’y trouver quelques bizarreries! (Comme si vous n’aviez pas déjà l’habitude.)

Into The Breach

Aujourd’hui, je vais vous parler d’Into The Breach. Ce jeu, je suis tombé dessus en glandouillant doucement sur Steam, quand soudain, tous mes sens se  sont mis en alerte. C’était là, devant moi : le nouveau jeu des  producteurs de Faster Than Light. Mais si, vous savez, ce jeu sorti en 2012  qui vous proposait d’incarner l’équipage d’un vaisseau spatial, voué à affronter mille périples pour libérer la galaxie des vils méchants. En toute honnêteté, je ne m’étais jamais trop intéressé à l’histoire, mais nos vilains avaient le double avantage d’être a priori des méchants vraiment très méchants, et d’offrir un défi tactique toujours plus intense. Bref, j’avais énormément aimé ce jeu.

Mais revenons à son successeur.  Into The Breach,  c’est un jeu vidéo qui combine habilement deux de mes plus grandes passions dans la vie : les jeux avec un gameplay subtil et léché, et les énormes combats de gros robots contre des insectes géants voués à dominer la planète ( et ce, de manière peu subtile et léchée, soyons honnête).

Le jeu réussit le même exploit que Faster Than Light. Offrir des mécaniques de jeux extrêmement simples à comprendre, mais extrêmement difficiles à maîtriser vraiment. Et au fil des parties, on en vient moins à voir ce champ de bataille comme un terrain d’affrontement sanglant, mais plutôt comme un puzzle, ou chaque déplacement doit être millimétré, chaque action réfléchie et chaque décision mûrement pesée.

Car dans Into The Breach, il ne s’agit pas juste de voir qui a les plus gros canons. Vous êtes censés sauver la planète, et si, en affrontant les insectes géants, vous détruisez au passage la moitié des bâtiments du coin, vous n’êtes définitivement pas un héros très utile, et le jeu vous le fait comprendre d’un Game Over bien senti.

Et ceci va être source de frustration autant que de plaisir, puisque si se contenter de battre les aliens est, au final, une tâche assez simple, réussir à le faire sans raser la ville que vous deviez défendre relève de la gageure.

Car venons-en au système de jeu : tous les ennemis annoncent leurs coups au préalable, en signalant les zones qu’ils s’apprêtent à attaquer. Tout l’enjeu de votre tour est donc de les déplacer – on parle moins d’une petite tape subtile dans le dos que d’un gros coup de canon – afin qu’ils s’attaquent entre eux, qu’ils trébuchent par accident dans la mer, ou, en tout cas, qu’ils attaquent autre chose que les bâtiments locaux.

Et c’est franchement jouissif quand, après pas mal d’heures passées à expérimenter le jeu, on réussit un tour parfait, où, sans même infliger le moindre dégât, on positionne les ennemis de telle manière qu’on les voit s’entre déchirer les uns les autres. A ce moment-là, on a envie de leur hurler « prends ça dans tes mandibules, résidu de larve parasite! ». Enfin, ça, c’est ce qu’on leur dirait si on pouvait échanger avec eux autrement qu’à grands coups de missiles. Et aussi si le chat ne me regardait pas étrangement dès que je me mets à hurler devant mon ordinateur, mais ceci est un tout autre problème.

Bref. Into The Breach c’est un très chouette moment à passer pour les amateurs de jeux tactiques et un peu exigeants, avec en prime la joie de  donner ses sous  à un éditeur qui produit un contenu de qualité. Et c’est disponible sur Steam pour la modique somme de 15€.

Slay The Spire :

Je vais maintenant vous parler de Slay The Spire. Et, en préambule, au vu de mes dernières interventions, je réalise que vous commencez sans doute à identifier mon plaisir un peu coupable : les jeux qui nous veulent du mal. Bon, je vous épargne tout le laïus sur les jeux de mon enfance qui étaient tous incroyablement difficiles, puisque c’était là le seul moyen, pour les développeurs de l’époque, de leur assurer un peu de durée de vie. Je vous épargne également l’immanquable psychologie de comptoir qui pourrait ressembler à ça: « on cherche tous, au fond, à retrouver notre joujou de quand on avait 8 ans, quand on revenait de l’école avec l’impression d’avoir perdu sa journée, et qu’on perdait sa soirée à essayer de battre le dernier niveau de Tintin au Tibet ».  Ah bah non, je ne vous l’ai pas épargnée en fait.

Cette introduction appellerait probablement un incroyable retournement, où je vous présenterais finalement un petit jeu fort sympathique, d’une prise en main assez aisée. Évidemment, il n’en sera rien.

Slay the Spire, c’est un mélange de jeu d’aventure, de jeu de cartes et de rogue-like. Les rogue-like, ce sont des jeux où le joueur fait face à des niveaux générés aléatoirement, de plus en plus complexes, et où l’échec implique de tout recommencer depuis le début, sans aucune sauvegarde possible bien évidemment. Si vous avez suivi l’introduction, vous avez probablement le sourire aux lèvres et vous vous dites « ce type est vraiment masochiste ».

Bref, Slay the Spire, donc.  Le concept est simple : vous êtes un héros muni de votre grosse épée et de votre héroïsme non moins imposant, et vous devez survivre à l’ascension d’une haute tour, en affrontant moult dangers successifs, ennemis mortels, événements aléatoires frustrants et autres péripéties vous conduisant souvent à perdre quelques années d’espérance de vie en hurlant derrière votre ordinateur.

Ça vous semble un peu basique,  le genre dont on pourrait se lasser facilement ? Dites-ça aux dernières centaines d’heures de jeu que j’ai passées à peaufiner mes talents de grimpeur de tour.

Votre personnage dispose de talents, sortilèges et autres pouvoirs, sous la forme de cartes à jouer, qu’il pioche à chaque tour dans son paquet de cartes. Il s’en sert pour vaincre les adversaires en prenant le moins de dégâts possibles, et, après chaque affrontement, il récupère de nouvelles cartes qu’il peut utiliser pour modifier ou enrichir son jeu.

Sauf qu’il ne s’agit évidemment pas d’une partie de bataille, et que les choix de cartes orientent complètement votre expérience de jeu. J’ai dû aisément jouer une centaine de parties, et pas une seule n’était identique à la précédente, tant le moindre choix de cartes a d’importantes répercussions.

En somme, c’est un de ces jeux dont le concept est plutôt rugueux – voir des monstres, tuer des monstres, trouver les monstres suivants – mais dont la réalisation est pleine de profondeur. Autre petit plaisir : les parties sont courtes, une trentaine de minutes chacune, et se prêtent très bien à un petit moment de flânerie hivernale, souris dans une main et chocolat chaud dans l’autre, à se rêver en guerrier héroïque, tout en choisissant tranquillement ses cartes et en sirotant son cacao.

Bref. J’aime énormément Slay The Spire, et je ne peux que vous conseiller hautement de filer sur Steam  pour vous le procurer pour une quinzaine d’euros. A noter qu’il s’agit d’un jeu en version Alpha – donc pas encore tout à fait terminé – mais qui offre un contenu déjà très impressionnant, et sans le moindre bug à l’horizon.

Don’t Starve Together :

Le dernier jeu que je vais vous présenter aujourd’hui dispose d’un nom qui annonce déjà la couleur : « Don’t Starve Together ». Traduction : Ne mourrons pas de faim, ensemble. Le titre est intriguant, et non, il ne s’agit pas d’un concours de la pire phrase de demande en mariage. Le trophée revenant déjà probablement à « Viens, ce sera moins cher pour le crédit de l’écran Plasma » ou encore à « Mais, attends, c’est pas toi Stéphanie ? ».

Bref, ne nous perdons pas en digressions, d’autant qu’il s’agit-là d’un jeu qui ne tolère pas vraiment l’oisiveté. Don’t Starve Together, c’est une expérience qui vous plonge dans un trip survivaliste, où vous allez devoir trouver quoi manger, de quoi vous abriter et vous protéger et, éventuellement, si vous êtes assez doué pour arriver jusque-là, prospérer, le tout dans un monde sacrément hostile. Et, surtout, et c’est là que le jeu prend tout son sens, vous allez devoir le faire à deux.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le jeu ne vous prend pas par la main. Vous lancez une partie et vous voici abandonnés en plein milieu de nulle part avec pour seule ressource quelques brindilles et  champignons qui passaient par là.  Mais le tout avec un style graphique cartoon très sympathique, et face à une mort certaine, c’est déjà ça de pris.

Vous allez immanquablement faire la même bêtise que tous les autres joueurs. A savoir : manger les champignons du coin, crus, ne pas vous soucier ni de trouver un abri pour la nuit, ni de faire un feu, et finalement mourir d’une indigestion de morilles toxiques ou, si vous êtes arrivés jusqu’ici, mourir dévorés par des ombres flippantes dans la nuit.

Charmantes perspectives, hein ?

Heureusement, les automatismes viennent vite, et dès votre deuxième partie vous comprendrez rapidement que faire cuire ses aliments, c’est plutôt une bonne idée en général, et que non, aller taper avec un bout de bois pointu sur les crapauds mutants, géants et corrosifs, du marais d’à côté, est à peu près au niveau Lemmings de l’instinct de survie, et surtout, vous comprendrez qu’il y a des heures et des heures de fun en perspective avec votre coéquipier, en se partageant habilement les tâches et en montant ensemble des stratégies de défense révolutionnaires telles que : « viens, ce coup-ci, on fait des murs avec de la pierre plutôt que des bottes de foin ».

Oui, moi aussi j’ai appris mes plus importantes leçons de vie en regardant les Trois petits cochons.

Ici aussi il s’agit d’un jeu punitif. Vous vivrez probablement ce moment où tous vos efforts seront réduits à néant par un hiver féroce, une meute de loups voraces, ou encore par Krampus, le Ô combien détesté Krampus, esprit de la forêt qui vient vous piquer votre frigo si vous faites preuve de trop de méchanceté envers les animaux du coin.

Mais quel plaisir quand, apprenant de vos erreurs, vous arrivez à survivre au terrible hiver, vous explorez d’incroyables mystères et quand vous faites pousser vos tomates en pleine harmonie.

Car oui, les jeux vidéo aussi  sont un lieu où il est de bon ton de cultiver son jardin.

En somme, c’est un très chouette jeu à jouer entre amis, en couple ou en famille, pour apprendre ensemble la règle numéro un de la collaboration : mieux vaut s’engueuler à deux que de mourir tout seul (et surtout si c’est pour se faire manger par une demi-belette famélique – mais mutante –  qui passait par là).

Bonne nouvelle : le jeu n’est plus tout neuf puisqu’il est sorti en 2016, et son prix le ressent, du coup vous pourrez trouver Don’t Starve Together sur Steam  pour la somme de 15€.

Et sérieusement, ne touchez pas aux champignons.

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