Naissance des sirènes

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VIERGES de Keren Ben Rafael

C’était mon film de l’été, or c’est bientôt l’automne, il n’est plus en salle, mais il sera dans nos bacs dès sa sortie en DVD, promis.

Il sera une piqûre de rappel parfaite de cette saison langoureuse qui nous manque déjà.

C’est un film qui parle de sirènes, mais je vous préviens tout de suite il ne s’agit pas du tout d’un remake de Splash.

Lana traîne son ennui et son envie de grandir plus vite plus fort à Kyriat Yam, petite station balnéaire du nord d’Israël, peu prisée par les touristes. Sa mère tient un café déserté et se bat pour le garder. Entre elles l’ambiance est à couteaux tirés, et Lana ne pense qu’à partir. En plus, elle se retrouve flanquée de sa cousine la jeune Tamar qui la suit comme son ombre. Jusqu’au jour où un type superbe sort de la mer, piqué par une méduse. Elle invente alors une histoire vraie de sirène pour le séduire.

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Inspiré par un fait divers- cette fameuse sirène aperçue un jour par un pêcheur- le film se déploie et se métamorphose en même temps que son héroïne, qui se déleste de l’enfance au contact de l’amour. Allégorique, le film revisite le mythe de la sirène (« sirenoth« , vierge des mers en hébreu) à travers le délicat portrait de cette gamine brutale et cynique qui change de peau, se débarrasse de ses vêtements aux allures masculines pour une robe et un chignon, c’est tout simple mais très émouvant, très feutré, rien n’est dit.

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« C’est grâce à la rumeur de la sirène que Lana peut se prendre à rêver que quelque chose de plus grand est possible. Dans le film finalement, au lieu de partir, Lana voit le monde venir à elle. Parfois on a tout simplement besoin d’un étranger pour être vu autrement et nous permettre de dépasser nos limites. » Keren Ben Rafael

Mais le film ne raconte pas que la métamorphose de Lara, c’est aussi l’histoire de sa mère et sa cousine, trois générations de femmes, toutes en pleine mutation, ou au bord de franchir une étape. La mère dans son café comme un bateau à la dérive mais qui s’y accroche comme une lionne. Et Tamar, petite fille mélancolique et fragile qui suit sa cousine à la trace, est, à mon avis, le personnage le plus réussi et le plus émouvant, le plus secret, mais il serait dommage de dévoiler pourquoi.

 

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Ce joli premier film au charme certain, Betouloth Yam en hébreu, oscille entre réalisme et fantastique, comme un rêve éveillé, en suspens, impression soulignée par le hors champs, le clair obscur et la musique planante.

On pense à « Ava » ou « Mustang », deux premiers films de deux réalisatrices avec ce même sujet : la métamorphose des jeunes filles, la découverte de la sexualité, les premières fois, l’enfermement.
Ici les rêves sont portés par trois actrices exceptionnelles.

« Même quand les films ne parlent pas directement du conflit, comme Vierges, je crois que les films sont toujours, même à leur insu, imprégnés de la situation du pays. Il y a de plus en plus de femmes cinéastes en Israël, et même si on est loin des 50/50, je trouve que les femmes savent prendre les choses en main et lutter pour prendre leur place dans un milieu encore très masculin. »

La réalisatrice, Keren Ben Rafael

 

 

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