Carole Fives

La rentrée littéraire de 2018 : j’ai aimé, j’ai moins aimé…

Tous les ans, ça recommence.
Tous les ans, dès le mois d’Août, j’ai comme des petites fourmis, je m’impatiente : la rentrée littéraire arrive sur les tables des libraires, de plus en plus tôt, dès la mi-Août parfois. Et comme tous les ans, j’ai envie d’en lire déjà quelques-uns, de ces romans qui « feront » la rentrée littéraire, avec une petite longueur d’avance pour pouvoir vous les conseiller à vous, lectrices et lecteurs.

Pas toujours facile d’avoir cette petite longueur d’avance confortable, mais voilà tout de même 4 romans, lus et diversement appréciés :

Dix-sept ans, d’Eric Fottorino

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Dix-sept ans, d’Eric Fottorino

J’avais envie de lire ce roman parce que, curieusement, son titre fait écho à un autre roman également intitulé « Dix-sept ans », celui de Colombe Schneck, que j’avais lu et aimé. Mais les thèmes traités dans les deux romans n’ont pas grand-chose à voir, à moins qu’il n’y soit question de grossesses et de ses conséquences…
Pour en revenir au roman d’Eric Fottorino, l’histoire m’a semblée un peu redondante pendant la 1ère partie, où le héros part, à travers une démarche introspective, à la recherche de sa mère; recherche illustrée par une visite de Nice égrenée au fil des souvenirs d’enfance, réels ou imaginaires. La plume est belle mais j’ai eu rapidement l’impression de tourner en boucle, avec des métaphores utilisant les attentats du 14 Juillet 2016 qui m’ont un peu dérangée, par leur aspect un peu « gratuit » et dramatique inutile.
Heureusement la 2ème partie (dont je ne dévoilerai rien) redonne du sens et de l’épaisseur à cette analyse du rapport fils-mère menée avec beaucoup de finesse.

Une lecture en demie-teinte pour moi, et définitivement pas mon coup de cœur de la rentrée…
Retrouvez-le à la bibliothèque.

carole fives, tenir jusqu'à l'aube

Tenir jusqu’à l’aube, de Carole Fives

La narratrice de cette histoire est une jeune maman, d’un enfant encore petit qu’elle élève seule, car on devine rapidement que le père a pris la fuite devant sa paternité toute neuve.
Cette héroïne semble vivre une maternité qui n’a rien à voir avec les images de félicité, de bonheur et de famille Ricoré largement véhiculées par les médias et la société. Non, elle se débat, s’acharne, s’asphyxie dans la recherche d’un équilibre bien fragile, où la culpabilité se dispute avec une envie viscérale d’un peu, si peu de liberté et de temps rien qu’à elle. Mais comment s’octroyer ce luxe inouï d’une parenthèse rien qu’à elle dans ce monde où être une maman célibataire est encore si mal perçu, où laisser son enfant seul même quelques minutes dans un appartement vide ressemble à une épée de Damoclès, comment garder la tête hors de l’eau et tenir jusqu’à l’aube ?
Ce court récit, plein de maîtrise, fait progressivement et délicieusement monter la tension, car un point de rupture sera atteint, reste à savoir lequel…

Une lecture bouclée en une soirée, car impossible de ne pas dévorer, un peu comme le grand méchant loup, cette histoire grinçante qui emprunte aux codes des contes pour enfants.
Retrouvez-le à la bibliothèque.

khalil, yasmina khadraKhalil, de Yasmina Khadra

Voilà un récit qui résonne encore de façon forte pour moi, car l’auteur s’attaque ici à un sujet hautement sensible et délicat : le parcours de Khalil, jeune kamikaze décidé à déclencher un attentat ce jour du 13 Novembre 2015, près du stade de France.
Dans un espace-temps resserré qui fournit un cadre dense et bien rythmé au récit, on suit ce jeune belge qui semble avoir perdu de nombreux repères (familiaux, amicaux, spirituels), et qui essaie de faire la part des choses dans ces quelques jours cruciaux.
Pourquoi, comment en est-il arrivé là, à vouloir commettre un massacre de cette ampleur ? Que s’est-il passé pour avoir choisi cette voie-là et pas une autre, celle de la vie et de l’espoir ?
Yasmina Khadra réussit le difficile pari de donner un visage humain à ceux qu’on qualifie de « monstres », sans leur chercher d’excuses, sans en faire des héros, sans verser dans le pathos ou le voyeurisme. Dépouillé de tout artifice, ce roman semble avoir bien analysé la dérive de ces jeunes que l’amertume, le rejet, le désespoir ont façonné pour devenir malléables à un discours totalitaire.

Une vraie claque, un livre qu’on n’oublie pas de sitôt.
Retrouvez-le à la bibliothèque.

jennifer egan manhattan beach

Manhattan beach, de Jennifer Egan

Voilà ma déception de la rentrée littéraire, alors que sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire : à New-York durant la seconde guerre Mondiale, Anna est une jeune femme qui se sent à l’étroit dans sa vie d’ouvrière d’usine, et aimerait contribuer à l’effort de guerre demandé à tous en devenant scaphandrière. Elle évolue dans une famille atypique, puisque son père a mystérieusement disparu un beau jour alors qu’elle avait une dizaine d’années; et sa sœur aînée, d’une incroyable beauté, est atteinte d’un handicap très lourd qui la rend complètement dépendante de son entourage, étant incapable de parler ou de se déplacer seule.  Sa vie va basculer quand elle croisera la route de Dexter Styles, un gangster qui était en contact avec son père…
Féminisme, New-York des années 40, gangsters et passions interdites : un cocktail explosif pour passer de longues heures de lecture immersive avec un bon thé dans son canapé !

J’avais le thé, j’avais le canapé, j’avais le roman, et puis ça a fait pschiiiit. Une héroïne à qui j’ai eu du mal à m’attacher à cause d’une psychologie peut-être trop en surface, des longueurs et des passages qui me semblaient alourdir et ralentir l’histoire, des personnages qui se sont parfois mélangés dans mon esprit, bref : 500 pages que j’ai péniblement lues jusqu’à la fin. Fin qui s’est d’ailleurs étoffée et a permis de relever le niveau, mais c’était trop tard! Dommage !

Voilà mes premiers retours de lecture : et vous, les avez-vous lu ? Avez-vous aimé, adoré, détesté ?
Retrouvez-le à la bibliothèque.

 

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