Le Pouvoir : et si notre monde était matriarcal ?

Cet article aurait tout à fait pu s’insérer dans notre thématique du mois de Mars, quand on vous présentait ces femmes artistes qu’on admire pour leurs nombreux talents… Naomi Alderman est en effet l’autrice d’un roman remarqué paru début 2018 : le Pouvoir.

Le Pouvoir, de Naomi Alderman, chez Calmann-Lévy.

Le résumé de ce roman avait de quoi être alléchant : Du jour au lendemain, aux quatre coins du monde, des adolescentes découvrent qu’elles sont capables de générer de leurs doigts une puissante décharge électrique pour se défendre ou agresser. Dorénavant, elles n’ont plus à se laisser dominer par les hommes et rien ne les empêche de prendre le pouvoir. Roxy, Allie, Margaret et Tunde sont témoins de ce bouleversement.

Que se passerait-il si les femmes prenaient les manettes du pouvoir grâce à un puissant courant électrique déchargé du bout des doigts, et dont les hommes seraient privés ? Qu’est-ce que cela changerait aux rapports amoureux et sexuels des jeunes couples ? Quelles seraient les conséquences d’un point de vue politique, si une sénatrice décidait d’ouvrir un camp où les jeunes femmes apprendraient à utiliser (et donc à contrôler) leur pouvoir ? Quels débordements et quelles violences cette inversion des pouvoirs pourrait-elle créer dans des pays totalitaires où les hommes devraient alors justifier d’une tutrice qui soit leur sœur, leur mère ou leur épouse ?

Par un très beau jeu de miroir, Naomi Alderman décortique les ressorts de notre société patriarcale à travers cette fiction où, cette fois, ce sont les femmes qui devront choisir leur camp : rester dans un rapport respectueux aux autres, et surtout aux hommes, ou bien abuser de leur pouvoir. Car il devient dès lors très facile de pouvoir manipuler les hommes grâce à leur poids politique, ou plus simplement, grâce à cet atout physique qui, pour le meilleur comme pour le pire, les rend maîtresses de leur destin.

Naomi Alderman, par Felix Clay.

J’ai aimé suivre les aventures des trois héroïnes qui devront faire face aux conséquences de leur pouvoir. L’une, Margaret, devra gérer les débordements dans sa famille : que faire quand sa fille n’arrive pas à contrôler son pouvoir, créant des dégâts humains involontaires ?
Une autre, Allie, pourra se servir de son fuseau pour renverser son destin : comment transformer une enfance chaotique marquée d’abus sexuels en prise de conscience qui puisse solidariser toutes les filles et femmes victimes d’abus, sans tomber dans un aspect sectaire ou fanatique ?
Enfin, la dernière, Roxy, dotée d’une maîtrise exceptionnelle de son pouvoir, deviendra malgré elle un élément clé stratégique dans sa propre famille, à son détriment, à moins qu’elle n’ait d’autres ressources que son pouvoir électrique hors du commun…
Tunde, seul personnage à raconter l’histoire d’un point de vue masculin, verra quant à lui ses libertés personnelles diminuer au fur et à mesure que le pouvoir mystérieux se développera dans le monde, mettant sa vie en danger à plusieurs reprises, sous l’effet de bandes de pillardes ou d’actes d’agression isolés mais barbares.

Une écriture mordante, un regard acide sur notre monde actuel, un jeu d’inversion qui fonctionne parfaitement : Naomi Alderman crée un effet de « loupe » sur les débordements actuels que subissent les femmes partout dans le monde grâce à ce jeu d’échange des rôles d’un réalisme très troublant.

A découvrir à la bibliothèque dès maintenant.

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