Chronique jeu vidéo sur Radio Aligre

Edito: L’article qui va suivre est la retranscription de l’émission du 14 mars 2018 de Radio Aligre « Ecoute! Il y a un éléphant dans le jardin ». Ne vous étonnez donc pas d’y trouver quelques bizarreries! (Comme si vous n’aviez pas déjà l’habitude.)

Ndlr (de la stagiaire en vrai) : Quand je suis arrivée à Louise Michel pour mon stage, j’ai tout de suite cherché comment j’allais bien pouvoir me rendre utile. J’ai commencé à faire le café. Je n’ai – a priori – empoisonné personne. Forte de cette réussite, je me suis dit que quand même, ça serait peut-être bien de faire quelque chose de plus constructif. Loin de moi l’idée de minimiser l’importance du café, car comme chacun sait, le café, c’est la vie.
Remarquant mon air désappointé, une personne que je ne nommerai pas a tout de suite  saisi cette opportunité afin de me faire travailler pour son compte comme une esclave, me faisant découper plein de petits papiers.
Heureusement, tout le monde ici n’est pas aussi maléfique que Quentin – oups, je l’ai nommé-, et on m’a finalement fait assez confiance pour que j’aille farfouiller sur le blog de la bibliothèque. Chose faisant, j’ai aperçu au hasard de la blogroll, New Super Louise Mich’Bros, « le blog des jeux vidéo de la bibliothèque Louise Michel », laissé à l’abandon comme un pauvre petit orphelin. Il ne m’en fallait pas plus pour décider de m’en occuper et de lui redonner sa place dans la famille des Canards Sauvages, puisque dorénavant, c’est ici que vous retrouverez les articles consacrés aux jeux vidéo.

Voici donc, après quatre longues années d’absence, New Super Louise Mich’ Bros, le retour, pour votre plus grand bonheur!

 

Florence
Annapurna Interactive, 2,99€ sur iOS et Android

Lorsque l’éditeur de What remains of Edith Finch et Gorogoa sort un nouveau jeu on est attentif. Très attentif. Lorsque ce jeu sort un 14 février et qu’il promet de traiter du sujet du premier amour … on est intrigué. Et lorsqu’on lance le jeu pour la première fois, on est conquis. Florence est une jeune femme active de 25 ans. Sa vie se déroule au rythme éreintant du quotidien : on se lève, on s’habille, on va au boulot (un boulot de comptable visiblement), on appelle sa mère pour lui dire « mais oui maman je vais bien. Non il n’y a personne dans ma vie en ce moment. Et puis c’est quoi ces questions d’abord ? », on dine, on dort. Le joueur accompagne Florence dans ces premiers moments par de petites interactions : on bouge la brosse à dents, on fait des additions, on mange des sushis… Jusqu’au moment où l’on découvre dans un placard un dessin d’enfant. Le nôtre réalisé à 8-9 ans. On comprend que ce qui fait vibrer Florence ce n’est pas la comptabilité mais l’art et on continue. Et lorsque Florence trouve l’amour à un coin de rue, en la personne de Krish, joueur de violoncelle dans la rue, le jeu prend un élan nouveau.
Le Gameplay est particulièrement soigné, réussissant le défi d’aligner mécaniques de jeu et narration (ce qui soit dit en passant est probablement la base du truc) : les premiers rendez-vous c’est toujours la galère … on ne sait pas quoi dire, on hésite, on est pataud. Concrètement le jeu prend la forme d’un puzzle pour simuler la conversation. Au début c’est difficile il y a plein de pièces, on est stressé par le temps … et puis le dialogue se poursuivant, le puzzle devient plus simple, il y a moins de pièces, elles s’emboîtent mieux, on est à l’aise. Le jeu est chapitré comme une histoire : d’abord on se rencontre, on s’aime, on a des rêves, on est rattrapé par la routine et puis un jour on ne s’aime plus. Pas besoin de raisons, pas besoin de dialogues écrits, c’est la force du jeu : chacun pourra s’y retrouver. Les discussions redeviennent complexes, les pièces deviennent aiguës, puis elles ne s’assemblent même plus. Et c’est la fin. Et puis ce dernier passage … sur le fait de laisser aller le souvenir.

Florence est un petit jeu mobile, sa direction artistique toute en couleur est mignonne, sa musique sait accompagner les chapitres avec élégance. Mais Florence est un grand jeu, capable en 30 minutes de vous faire ressentir ce que c’est que de tomber amoureux, de vivre cet amour et de le perdre. Et ce serait dommage de passer à côté.

Out There Chronicles episode 2

Mi-Clos studio 3 balles 50 sur ios et Android (épisode 1 gratos)

Out There est un jeu de la famille des « rogue like spatiaux » des jeux difficiles, agencés de façon aléatoire par un algorithme. On parle de génération procédurale (oui oui). Nous sommes dans la peau d’un astronaute perdu dans l’espace, qui se réveille d’un sommeil cryogénisé à bord d’un vaisseau et qui doit explorer l’univers à la recherche d’une voie de sortie. Entre la gestion de ses ressources et l’exploration, la découverte d’extra terrestres et de technologies mythiques, il faut survivre et c’est déjà beaucoup.
Mais par delà ses apparences de simplicité s’est déployé un univers de science-fiction d’une incroyable richesse, portant la patte de FibreTigre, le créateur de Sigma theory ou de l’escape game « la pièce » à Paris. Et comme il peut être frustrant de créer un univers sans y donner complètement accès, le projet Out There Chronicles est né. A l’image d’autres jeux narratifs reprenant les codes des livres dont vous êtes le héros, OTC, comme Lifeline avant lui, vous propose de suivre les aventures d’un personnage que vous devez guider à travers des choix multiples « tu te réveilles inconscient par terre et tu as très soif … est-ce que tu : te lèves ? Essaie de boire l’eau de la flaque à côté de toi ? Appelles à l’aide ? ».
Sous les crayons de Benjamin Carré, artiste bien connu des amateurs de SF (je me souviens avec émotion des couvertures des romans des Salauds Gentilhommes chez Bragelonne), l’histoire de notre héros commence dans l’épisode 1 comme dans Out There premier du nom : vous êtes un astronaute et vous vous réveillez de cryogénie dans un monde inconnu… S’en suivent moult découvertes, depuis l’évolution de l’espèce humaine jusqu’à la rencontre avec d’autres mondes … et paf nous voilà dans l’épisode 2. Comme son grand frère Chronicles garde l’ADN rogue : vous allez faire de mauvais choix, beaucoup, et vous allez mourir. Beaucoup. Genre vraiment beaucoup. Mais ça fait partie du truc, faire l’expérience de la mort, de l’échec et revenir plus fort. Ou plus philosophe, c’est selon.

Alors je vais pas divulgacher (mes collègues québécois apprécieront) donc je ne vous raconte pas ce qui s’y passe mais disons que l’épisode 1 se finissait pas top et que du coup on retrouve nos héros en fâcheuse posture … je vous laisse j’ai pas fini le jeu et là il était question de dieux et de prophétie …

Unicycle Hero

Unept gratos sur iOS

Hommage à Stephen Hawking

On change magistralement de registre avec ce que j’aime appeler un jeu débile. A l’occasion des JO de PyeongChang, le développeur Unept, auparavant coupable du léger et addictif Level With Me, revient avec un nouveau concept. C’est simple comme une leçon de vie : tout est meilleur quand on le fait à monocycle.
Et ça vérifie dans la vraie vie : aller au collège en monocycle, check (mais dangereux pour sa vie sociale). Faire ses courses en monocycle, check (attention aux pots de confiture quand même). Lire en bouquin en monocycle, check (mais dangereux pour sa santé). Démissionner de son travail en monocycle, double check pour la performance. Vous voyez ? Bon dans Unicycle Hero vous êtes donc en monocycle. Oui sinon cette chronique n’aurait aucun sens. Et vous devez passer des épreuves sportives classiques (lancer de poids, de javelot, de marteau) et des plus exotiques (pelote basque, lancer de tronc, renverser une table le plus loin possible…). A vous de trouver votre équilibre, prendre de la vitesse et lancer votre action.
On pense à Track and Field, mythique jeu d’arcade de simulation sportive des années 1980 ou l’ensemble du gameplay consistait à appuyer avec la plus grande frénésie sur deux boutons (d’où la mythique technique du briquet que l’on frotte sur la borne), mais on s’en détache assez vite, l’aspect « garder l’équilibre » revenant vite vous hanter. C’est débile mais c’est prenant. Et finalement c’est aussi ça qu’on demande au jeu vidéo !

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