J’ai rejoint Louise Michel / épisode 1 : l’équipe

Si Louise Michel a été construite comme une maison, l’équipe c’est plutôt Friends (même si certains un membre de l’équipe est paraît-il un peu largué sur ce sujet…). Intégrer un nouveau poste est toujours un peu un moment de stress, intégrer un nouveau cercle d’amis aussi, alors intégrer un nouveau boulot dont il se dit de l’équipe que c’est une bande de potes…

A J-25, je me suis décidée à aller les rencontrer, sous la pression féroce et impatiente du porte-parole de cette joyeuse bande, qui en fait elle aussi se demandait un peu qui était leur nouvelle camarade de jeu (notamment si elle savait jouer au baby foot) et accessoirement nouvelle responsable.

Découverte des plus totales puisque, honte à moi, je n’étais jamais venue en tant que bibliothécaire visiter Louise Michel (on détaillera cela plus tard). Il y avait de la lumière, je suis rentrée, personne en bas alors j’ai pris les escaliers, une terrasse où quelques personnes fumaient, on s’est dit bonjour, (c’est la moindre des choses) et puis dans la conversation on m’a dit qu’un jeu était prévu… (Un jeu !?! Grosse pression, j’ai rien dit mais j’ai quand même eu peur d’un karaoké…).

D’abord une visite du lieu. Un espace unique pour tout le monde, avec des espaces aux usages différents, des ambiances mais pas de murs ou de piliers (on peut faire le compte du nombre de bibliothèques que l’on connait et dont les énormes poteaux gâchent la vue dans les espaces ?), du rouge chaleureux et des poufs, des fauteuils, des petites tables, des tapis, un espace jeux, des tables comme en librairie et un jardin !
Ce qui m’a le plus plu ? A première vue, c’est désorganisé, il n’y a pas de circuit. Le lieu semble dire : « ici tout est possible », puisqu’on peut aller jusqu’aux guides de voyage en passant par les tapis pour petits, croisant les revues ou encore en traversant les BD ; les ados peuvent trainer indifféremment dans les romans adultes ou jeunesse et les petits jouer à côté des personnes âgées etc., etc.

Ensuite découverte des gens, des habitants de cette maison, mes futurs collègues… De prime abord, ils ont l’air sympas, jeunes et beaux, l’œil vif et plutôt souriants ! Je me demande qui ils sont et c’est sans doute réciproque : le petit topo de mon parcours et mes motivations apportera quelques billes. Quoi qu’en le déballant je me dis que mon parcours est plutôt riche mais mes motivations toujours aussi difficilement descriptibles : les bibliothèques peuvent faire tellement de choses, dans tous les sens et avec tout le monde, elles sont un univers si fluctuant, aux prises avec les évolutions de la société, apportant toujours plus de réflexions, d’échanges, d’esprit critique… Tout ça fait que c’est là que j’ai envie d’être et pour cela que j’ai envie de travailler. Voilà. Je crois que j’ai résumé en « en bibliothèque, tout m’intéresse en fait ». Et comme cette équipe est réputée partante pour tout, ça ouvrait beaucoup de portes et de chemins à explorer !

Le temps du jeu est venu (ni karaoké, ni Just dance : soupir de soulagement !!) : première approche d’une organisation où les mots d’ordre sont polyvalence, créativité et multiplication des collaborations.

L’organigramme pourrait ressembler à cela en quelque sorte, quatre pôles qui interagissent, pour un ensemble opérationnel, c’est simple non ? il suffirait donc de veiller à ce qu’aucun nœud ne se forme.

Dans les faits, ça donne que je n’ai pas encore fini de demander « Euhhh le DVD Young adult science-fiction sans boîtier, je le pose sur quel bureau ? » « Euuuhh pour les partenaires petite enfance encore inconnus, c’est la jeunesse ou le pôle terroir ? (ou ce dernier ne s’occupe-t-il que de saucisson ?) ».

Le gros avantage : on peut échanger sur les questions de fond avec tout le monde. Chacun a conscience de l’importance de sa partie dans l’ensemble, chacun avec son style et sa vision participe aux objectifs communs.

Et puis j’ai eu droit à des cadeaux ! En général on a des cadeaux quand on part, pas quand on arrive mais c’était une sacrée bonne idée, j’ai pu ainsi apprécier le sens esthétique des membres de l’équipe grâce aux gommettes, paillettes et autres licornes. Comme il y avait du chocolat dans le cartable je me suis aussi dit que c’était bien parti. Ils ont qui plus est l’esprit pratique : un répertoire avec les principaux sigles BBL, SDE, SIB… (A l’aiiiidde, j’arrive de la TER-RI-TO-RIA-LE) que je continue à compléter avec mon SOI et les noms de tous les interlocuteurs qui veulent bien m’expliquer les sigles…

A J -25 c’était donc plutôt bien parti.

Avant d’être dans le quotidien, en prenant un poste je me dis que je vais prioriser, je me demande par quoi attaquer, par quel angle appréhender des nouvelles missions. Mais en arrivant à Louise Michel, la question qui se pose serait plutôt : par quel bout on attrape une tornade ? Qu’est-ce que je vais pouvoir lui apporter ? Est-ce que je ne vais pas faire que la voir passer à côté, tourner autour de moi ? Me faire un peu décoiffer et puis… ?

A J +60, tout est allé très vite.

Intégration tout doucement, petit à petit. Tenter d’attraper telle discussion et se satisfaire d’y apporter un petit plus. Rentrer progressivement dans la mouvance du tourbillon et se faire une place dans le « tout » que forme les membres de l’équipe.

Ce tout étant composé de professionnels très différents et aux multiples compétences, avec un point commun très fort : le sens du service public !

Si un premier bilan pouvait être fait c’est que le professionnalisme et la rigueur de tous permettent qu’en toute autonomie les projets soient menés de bout en bout. Et au-delà, une capacité de diagnostic des difficultés qui peuvent se présenter et donc une vigilance de chacun sur son voisin et ses pratiques renforcent les possibilités de réfléchir ensemble et de co-construire le lieu, son évolution et se réinventer.

D’ailleurs, n’est ce pas ce que l’on demande aux bibliothèques ? S’adapter à leurs publics, répondre à des besoins toujours changeants mais aussi défricher l’information, proposer des découvertes ? Être des lieux vivants et mouvants, en fonction de ce que les habitants ont envie d’en faire, ont besoin d’y trouver ? Et être aussi des points d’ancrage pour tout le monde, faire cohabiter ceux qui à l’extérieur se croisent sans se voir ? Un lieu accueillant où peu importent les parcours, les moyens, les papiers, où on a droit à un bonjour et un regard et où on peut se poser et utiliser ce qui est mis à notre disposition ?

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, l’équipe de la bibliothèque Louise Michel a réussi à construire tout cela en interne et à faire rayonner cet état d’esprit et cette énergie sur (et pour) le public ! Résultat : à bibliothèque chaleureuse, public chaleureux, et ça c’est pour le deuxième épisode…

(PS : et si vous en voulez plus, rappelez-vous, Camille vous proposait un rapport d’étonnement il y a quelques mois, et Julie aussi ! Et Sandra aussi! )

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