Une journée comme on les aime

Hier, jeudi, c’était une journée comme on les aime.

C’était une journée un peu « beaucoup », une journée un peu « partout », une journée un peu « tout le temps ».

C’était une journée comme on les aime, fatigante mais enthousiasmante.

 

C’était une journée où dès le matin, alors que la bibliothèque est encore fermée au public, il y avait du monde partout. Sur les tapis du rez-de-chaussée, on accueillait les nounous et l’éducatrice de jeunes enfants du Relais auxiliaire parental. On a lu des livres, on a chanté des comptines, on a discuté. J’ai bavardé un bon moment avec un petit bout de chou de 7 mois. Je lui lisais « pomme pomme pomme » et il imitait le mouvement de mes lèvres et ça le faisait rire et on recommençait « pomme pomme pomme ». Petit instant magique de lecture avec un tout petit.

C’était une journée où dans la salle d’animation au premier étage nous accueillions aussi le relais des assistantes maternelles. D’autres nounous, d’autres poussettes doubles et toujours des comptines.

C’était une journée où, dans la salle de travail, une douzaine d’étudiants en licence  Métiers du livre étaient en formation pour la journée avec mes collègues Élise et Sandra. Ça a causé « triangle de l’accueil » et « proxémique », ou, pour parler en langage plus compréhensible, ça a parlé du fait qu’avant d’être des bibliothécaires, nous sommes des humains nous adressant à d’autres humains, et que c’est ça en fait la base de notre métier.

C’était une journée où dans la cuisine (il n’y avait plus de place ailleurs), Brigitte et Roser, comédiennes en résidence chez nous, enregistraient les lecteurs de la bibliothèque (et un peu nous aussi) en train de lire la page d’un livre qu’ils aiment. Enregistrements qui serviront de bande sonore au spectacle qu’elles donneront à la bibliothèque en fin de semaine prochaine.

C’était une journée où Julie, notre stagiaire du moment, m’a dit : « J’ai une amie qui est là, elle est illustratrice jeunesse, si tu veux je te la présente ». Et une demi-heure plus tard j’avais en poche l’adresse d’un super atelier de gravure (pour moi perso) et en tête un nouveau contact chouette pour organiser à la bibliothèque un futur atelier de gravure ou d’illustration avec les lecteurs de la bibliothèque. Il faudra prévoir ça dans un prochain budget.

C’était une journée où Quentin est arrivé en disant : « Ça y est on a les switch ! » et on sentait qu’il était content de tout ce qui allait pouvoir se faire de nouveau pour les prochaines animations jeux vidéo.

C’était une journée où Julien et Céline faisaient le point sur nos fiches de poste et on se disait que quand même, il n’y a pas beaucoup de boulot dans lesquels les fiches de poste comportent des mots comme : « hamsters joufflus » ou « ramène tes mich’ ».

C’était une journée où une petite louloute de 9 ans est passée me voir pour m’apporter des supports pour les perles à coller, parce que nous avions décidé la veille lors de l’animation « ramène tes mich’ » (notre nouveau rendez-vous pour que les enfants puissent décider et organiser des projets pour la bibliothèque), nous avions décidé donc, qu’elle serait l’une des organisatrices de l’atelier « perles à coller de Noël » avec 2 de ses copains et moi, un atelier prévu pour la fin du mois… et qu’elle prend son rôle d’aide bibliothécaire à cœur… et qu’elle trouve normal de prêter son matériel pour qu’il puisse compléter le nôtre et servir à tous les enfants qui participeront à l’atelier ce jour-là.

C’était une journée où nous accueillions l’association Encrages dans notre salle au rez-de-chaussée. Plusieurs auteures et illustratrices (mon mode groupie d’auteur(e)s jeunesse était activé à 200%) travaillaient avec de jeunes migrants pour un atelier de dessin et d’écriture. Il y a eu des rires, beaucoup de mots échangés, du thé et des gâteaux et, sur les murs, les belles réalisations pleines des histoires et des espoirs de tous ces jeunes là.

C’était une journée où il y avait aussi tout le reste : le « tous les jours », le « c’est chouette aussi » : les livres prêtés, rendus, à ranger… les gens qui lisent le journal, ceux qui se donnent rendez-vous à la bibliothèque pour faire un scrabble, les mamans qui discutent pendant que les grands sont à l’aide aux devoirs et que les petits prennent le goûter, les parties de Uno, les « Salut comment ça va aujourd’hui ? »…

C’était une journée comme on les aime. Une journée où on se dit « Il ne faudrait pas que ce soit tous les jours comme ça parce qu’on ne va pas tenir le rythme ». Mais quand même qu’est-ce que c’était bien. Et quand même, on espère que ce sera aussi un peu comme ça demain.

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Une réflexion au sujet de « Une journée comme on les aime »

  1. Bonjour Claire

    Voilà le genre d’article qui fait du bien. Tant il illustre ce qu’EST votre métier (et a longtemps été le mien : j’ai été documentaliste durant 20 ans dans le 93, et suis désormais à la retraite), bien loin des clichés sur les bibliothècaires-frileux-ayant-peur de-la vie-et-se refugiant-dans-les-livres (j’en ai connus, hélas) .

    Oui, le regard sur nous change, et le notre aussi… Ce matin, j’aimerais redevenir la jeune documentaliste qui démarrait, et qui y croyait : j’y crois encore: il y a tant à vivre, à inventer et à partager dans les bibliothèques !

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