Déplacer le curseur… (Ou comment j’ai travaillé dans une nouvelle bibliothèque).

Mi-Août, Louise Michel a fermé ses portes au public pour la réalisation de travaux dans le bâtiment, impliquant de sombres histoires de trous dans un mur et de chaudière à réparer. On me souffle même dans l’oreillette qu’il y aurait de nouveaux spots lumineux dans l’espace fiction adulte et jeunesse !

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OK, je VEUX le même tapis à Louise Michel !

Poussière, bruits, passage des ouvriers affectés aux travaux : l’équipe de Louise Michel a dû prendre des congés ou se trouver de nouveaux lieux d’accueil (et donc, de travail !) durant les travaux.

Enfin, l’occasion idéale pour moi de tester ce que j’aimerais voir pérenniser comme pratique : échanger de lieu de travail, voir si l’herbe est plus verte ailleurs, comparer, tester, observer, apprendre à partir d’un environnement de travail forcément vu d’un œil neuf. Et apprendre des pratiques différentes des collègues, bien sûr.
Après tout, pourquoi ne pourrait-on pas passer une semaine par an dans une autre bibliothèque du réseau parisien ? (Ou carrément ailleurs ! Perso je testerai bien une semaine de stage dans cette bibliothèque japonaise pour ranger les livres en pyjama, ou dans celle-ci, élue la bibliothèque universitaire « la plus cool du monde », pour ma prochaine réunion du pôle Politique documentaire !)

De mon côté, je voulais depuis longtemps travailler chez nos voisins : la médiathèque Marguerite Duras. Notre « grande voisine », qui avec ses 135 000 documents et ses 4200 m2, nous renvoie à notre statut de « bibliothèque de poche ». Et sur qui on peut s’appuyer confortablement pour pallier à certaines carences de nos collections, quand un lecteur cherche un livre « pointu », il aura de grandes chances de le trouver à Marguerite Duras.

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Un canard se cache sur cette image, sauras-tu le trouver ?

Si proche et pourtant si lointaine… J’avoue, je connaissais très mal cette belle médiathèque, qui a autant d’atouts que de surface à parcourir pour trouver son bonheur…
D’ailleurs, notre canard-totem ne s’y est pas trompé, et a vite pris ses aises dans sa nouvelle bibliothèque d’adoption !

Alors, ça change quoi de travailler dans une autre bibliothèque ?

Naturellement, ça stresse quand même un peu : mine de rien, on se retrouve dans la peau du stagiaire fraîchement débarqué, qui n’a pas la cartographie du lieu, ne connaît pas encore l’emplacement des collections, ne sait pas où se trouve la machine à café et la planque de Kinder Bueno, bref, tu es un newbie et tu as l’impression que tu ne sais plus rien.

Heureusement n°1, les collègues sont sympa, te font un accueil souriant et cordial, et t’expliquent le mode d’emploi de cette énorme machine qui emploie 50 personnes. (Ça change de mes 14 collègues, enfin 34 si on compte les canards.)
Heureusement n°2, il y a plein de codes propres à la ville de Paris qu’on retrouve d’une bibliothèque à l’autre, et qui donnent le sentiment d’être un peu utile quand même, y compris dès le 1er jour. Le logiciel de prêt est le même, les règles de prêt aussi, etc etc. (Liste non exhaustive mais pas très intéressante à lister ici.)

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Se faire de nouveaux amis…

En fait, cette situation comporte pas mal d’avantages : elle permet d’avoir un statut d’observatrice privilégiée, pas complètement larguée donc concentrée sur tout ce que ce nouveau cadre de travail peut offrir.
Les pratiques différentes de travail d’une autre équipe par exemple. Même si un mois, c’est trop court pour bien considérer  une nouvelle méthode de travail, on peut déjà tirer des leçons et copier (honteusement) les idées et petits trucs intéressants repérés à droite à gauche.
Mettre nous aussi un bac où déposer les réservations aux automates de prêt-retour, ce qui libèrera plus tôt les usagers qui doivent pour l’instant nous remettre les réservations en mains propres.
Proposer un document qui répertorie les règles d’inscription avec leurs spécificités pour que l’équipe ait une même base solide et fiable d’informations à communiquer.
Piquer des idées d’infos utiles à faire figurer sur le guide du lecteur…canard plastique, médiathèque marguerite duras, bibliothèque louise michel, canard louise michel, canard plastique louise michel

Travailler au sein d’une nouvelle équipe, dans un lieu inconnu, c’est surtout un excellent moyen de prendre de la distance sur son quotidien, de réfléchir à l’organisation de son travail, penser à ce qu’on aimerait changer ou pas, prendre de nouvelles résolutions, toutes ces choses que je me passe bien de faire quand je suis en vacances, et que je ne fais pas toujours quand je suis à Louise Michel, ayant un peu la tête dans le guidon.

C’est aussi se retrouver dans ses petits souliers, réaliser que notre expertise est aussi liée à un lieu de travail et à ses codes : en changer, c’est prendre la mesure de sa capacité d’adaptation à une situation nouvelle, et réapprendre à écouter, s’intégrer, se rendre disponible et activer sa matière grise pour mémoriser les 50 prénoms des nouveaux collègues !
C’est également une bonne manière de se remettre dans la peau d’un nouvel arrivant, et de soigner davantage l’accueil que nous réservons à nos futurs collègues, ou stagiaires.

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King canard et le livre d’artiste le plus mignon du monde : « Table de cuisine », d’Isabelle Faure.

Une « expatriation » fructueuse donc, et qui ne fait que confirmer mon envie de réitérer l’expérience ailleurs, même sans l’excuse des travaux à Louise Michel ! (Et si on créait un site Internet pour échanger de bibliothèque, comme quand on échange sa maison pour les vacances ? ;))

PS : si vous voulez créer le dialogue avec vos nouveaux collègues, posez un canard en plastique sur votre bureau, ça marche pas mal ! 😉

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6 réflexions au sujet de « Déplacer le curseur… (Ou comment j’ai travaillé dans une nouvelle bibliothèque). »

  1. J’ai lu avec délices ton expérience, Céline. Et, en passant, je retiens l’idée du canard en plastique : je vais l’adapter à ma situation (je suis une bibliothécaire à la retraite :-))

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    • Merci Claudine !
      Le canard est un super prétexte pour rompre la glace et amuser les gens si on l’emmène avec soi, sauf qu’on n’a pas besoin de lui donner des croquettes ou de le sortir le soir quand il pleut. Que demander de mieux ? 😉

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  2. Excellent l’idée du canard ! et bravo pour le beau retour d’expérience !
    Enfin tu nous a fait rêver avec tes grandes bibliothèques où travailler mais sinon un échange avec une petite bibliothèque ardéchoise, ça pourrait être sympa non? !-))
    En tout cas on retient l’idée, c’est toujours bien d’aller découvrir ce que font les collègues …
    Merci pour ce bel article !

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    • Bonjour Ellana,
      Merci pour ton retour, et merci pour la proposition d’échange, je vais faire des jaloux car nous avons un Ardéchois dans l’équipe ! Ce serait avec plaisir, en plus j’adore les marrons glacés ! 😉
      Plus sérieusement, c’est vrai que l’opportunité ne se présente pas souvent de pouvoir travailler dans d’autres contextes, alors que c’est enrichissant à plein de niveaux.
      A très bientôt sur le blog ?

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