#héroïnes de l’été Djam, road movie solaire

Parler de l’exil, des exils,  de la route, la musique, la danse et la liberté en filigrane, avec un brin de folklore, Tony Gatlif en fait un sujet total et inépuisable. Alors aujourd’hui, la pluie de migrations forcées de plus en plus violentes et nombreuses lui donne l’occasion de reprendre le voyage là il l’avait laissé, et nous voilà en Grèce, où la crise bat son plein et fait pleurer son peuple.

Djam vit sur l’île de Lesbos, son beau-père l’envoie en Turquie pour chercher une pièce pour le moteur de son bateau. Là, la jeune femme rencontre Avril, une Française à l’air perdu, sans argent ni  papiers d’identité. Elles décident de faire la route ensemble, le film se transforme alors en road-movie, tout en évoquant les noirceurs du monde actuel : les grecs subissent la crise abominable que l’on sait, qui les chasse de chez eux, forme d’exil donc, tandis que leur route croise celle des migrants, dont les bateaux viennent s’échouer par milliers sur leur plage.

« Le problème grec, la crise économique et politique… C’est très dur d’être dans un pays qui va si mal. Le pays n’est pas en ruine, parce que tous savent garder la tête haute. Ils acceptent difficilement la misère. Ça aussi, c’est très difficile à filmer sans être voyeur ni vulgaire. Filmer l’émotion gratuite pour faire pleurer les gens, c’est vulgaire. Je n’ai pas filmé les clandestins, par exemple. Ce que j’ai filmé d’eux, quand j’étais là-bas, ce sont les traces qu’ils laissent en partant. » Tony Gatlif

Pudique et sensuel, d’une beauté brute, le film de Tony Gatlif ne s’étend ni ne s’attarde sur la misère, il avance. Comme Djam, son héroïne tout feu tout flamme (extraordinaire Daphné Patakia) libre, un peu folle, intense, chantant et dansant n’importe quand.  Le Rébétiko comme bande son.

djam

« Je pisse sur ceux qui interdisent la musique et la liberté ». Djam

Un peu foutraque, épuré et simple, sans vraiment de fil conducteur, comme pour souligner l’errance des personnages et du monde, »Djam » est un film pur, qui abandonne parfois, c’est vrai, la structure au profit de la musicalité, des émotions, ou son personnage secondaire, très bien joué par la comédienne Maryne Cayon, à l’exquise discrétion.

djam

Pourtant c’est un joli film qui paradoxalement, et malgré sa dureté, donne beaucoup d’énergie et de joie, et rappelle très simplement certaines évidences humanistes qui ne le sont plus.

« Ce n’est pas une faute d’être en exil ». Tony Gatlif

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