Retour vers le passé – Le voyage dans le temps au cinéma

Pour accompagner mon récent booktube sur le voyage dans le temps, présenté ci-dessous, l’envie m’est venue d’évoquer ce sujet qui me passionne tant mais du point de vue cinématographique. Après une recherche un peu avancée et quelques éliminations difficiles, voici un petit panel de films, classés sur une thématique toute personnelle ! Avec quelques petits liens vers le catalogue si j’ai eu la chance de vous donner envie d’approfondir la question.

Option 1 : Un passé qui altère le futur

La première approche du voyage dans le temps, c’est celle où un voyageur altère, par sa présence dans le passé, le futur, et tente désespérément de corriger le tir. Ici inévitablement, on pense au pauvre Marty Mc Fly, envoyé par erreur par le doc dans les années 60 et qui doit tout faire pour que ses parents se rencontrent afin d’exister…

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Retour vers le futur de Robert Zemeckis est LE film de voyage dans le temps. Si le premier est un classique indémodable, sa suite l’est tout autant. Dans Retour vers le futur 2, on mêle plusieurs temporalités et le chaos est total, tout cela pour permettre au réalisateur un pur fantasme cinématographique. Marty s’y retrouve littéralement à interagir avec l’action du premier film, et les deux histoires se mêlent. Le film dans le film ! Ou comment mieux nous faire comprendre que le cinéma n’est autre, lui-même, qu’un voyage dans le temps, puisqu’on se plonge, de fait, dans les images du passé. Chef d’œuvre !

(pardon pour la VF de cette bande annonce)

Dans un ordre tout aussi génial, on retient le magnifique « La Traversée du temps », de Mamoru Hosoda, film très juste, touchant, sur les choix d’une héroïne qui a le pouvoir de changer les choses… Et si on cherche un bon thriller, toujours sur ce thème, jetez-vous sur l’ « Effet Papillon », petit film avec Ashton Kutcher, où le héros voyageur se perd dans les altérations des évènements.

Option 2 – Les paradoxes amusants

Le cinéma s’est beaucoup emparé du voyage dans le temps pour souligner avec amusement les paradoxes de notre époque, ses contradictions. En effet, quel regard portent sur notre monde les personnes du passé ?

A ce jeu, on pense évidemment à deux classiques de la comédie française, Hibernatus d’Edouard Molinaro, et « Les Visiteurs » de Jean-Marie Poiré. On pense également à la série des Austin Powers, qui envoie un espion/séducteur macho des années 60 dans notre présent pour lutter contre un méchant qui vient lui aussi du passé (et qui est tout autant déboussolé par notre époque).

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Pour aller à l’envers du schéma « le passé découvre le présent », citons le très amusant « Pleasantville » de Gary Ross qui raconte comment deux adolescents du présent atterrissent par erreur dans le quotidien d’une série télé façon « Happy Days ». De fait, leur arrivée chamboule tout et leurs mœurs notamment, ont tendance à « libérer » les personnages de leurs carcans télévisuels…

Bon, et puis vite fait, on parlera des « Bandits Bandits » de Terry Gilliam, bande de voleurs qui se promènent dans les couloirs temporels afin de devenir les plus grands brigands de l’histoire. On y croise moult figures historiques (incarnés de façon réjouissante par les Monty Pythons ou encore Sean Connery) dans un bazar tout Gilliamesque ! Un régal !

Option 3 : La relation hors du temps

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Forcément, quand on joue avec le temps, impossible de ne pas créer des romances entre deux époques. On pense au très beau « Quelque part dans le temps » avec Christopher Reeves (d’après Richard Matheson) ou encore à la comédie romantique avec Meg Ryan, « Kate et Leopold », de James Mangold (le réalisateur de Copland, Walk The Line et Logan… Si si). Deux autres films retiennent ici notre attention.

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Le premier évoque un rapport de filiation. « Fréquence interdite », de Grégory Hoblit. Le film, un thriller, met en scène la relation (à travers une radio) entre un père et son fils à 20 ans d’écart, tandis que l’un retrouve l’autre (disparu trop tôt). Les scènes de radio sont autant de moments précieux qui donnent au film sa tonalité toute particulière. (Et, petite parenthèse, pour dire que le paradoxe temporel n’est pas qu’affaire de fiction, lisez cette chouette histoire )

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Le second est signé par le maître de la comédie romantique anglaise. Richard Curtis, en 2013, proposait le très beau « Il était temps », œuvre très touchante qui raconte la romance entre Tim et Mary qui s’écoule tout au long du film, explorant leurs vies mais aussi celles qu’ils auraient pu avoir… Un film « larme à l’œil » qui fonctionne !

Option 4 – La nostalgie du temps passé

 

 

Impossible de passer à côté de la nostalgie… Le voyage dans le temps, c’est aussi l’occasion d’un bon coup de « c’était mieux avant ». Alors, au final, tous les films en parlent, de ce passé doré, mais certains mieux que d’autres. Même s’il n’est pas au panthéon de son auteur, « Minuit à Paris » de Woody Allen parvenait à instiller cet amour pour le passé avec un certain génie (et en passant une belle romance entre Owen Wilson et Marion Cotillard). Mais ce sont deux autres films, jumeaux, qui  avancent cette nostalgie avec une vraie magie : « Peggy Sue s’est mariée » de Francis Ford Coppola, et « Camille Redouble » de Noémie Lovsky. Dans ces deux histoires, deux femmes se retrouvent à revivre à nouveau leurs 18 ans. Pour elles, il s’agira de se replonger dans le confort d’un passé, de retrouver les gens disparus, de ressentir le poids et la tristesse de la nostalgie, et de choisir ou non de refaire les choix. Deux films simplement parfaits !

Option 5 : La boucle temporelle

Passé ces approches légères, rentrons dans le dur. Si les autres genres cinématographiques se sont emparés du voyage dans le temps, la science-fiction reste tout de même celle qui a le mieux saisi les enjeux du genre.


Le premier angle d’attaque pour évoquer le voyage dans le temps est la boucle temporelle. Le modèle en serait le chef d’œuvre de Chris Marker, « La Jetée ». Une boucle parfaite, ou comment le destin ne peut être altéré par le voyage dans le temps, puisque déjà inscrit dans la temporalité première…

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On retrouve de nombreux films évoquant ce principe de boucle. Et de ne pas trop en parler pour ne pas déflorer le suspense qui découle des ressorts du voyage dans le temps sur ces films. On citera la réécriture de « La Jetée » par Terry Gilliam, « L’armée de 12 singes », ou encore le génial et inclassable « Donnie Darko » de Richard Kelly avec Jake Gyllenhaal. Impossible de ne pas citer le tout petit « Primer » de Shane Carruth, ou comment des jeunes hommes avides d’une bonne opération boursières se retrouvent paralyser dans un imbroglio temporel aussi complexe que jouissif (pour nous les spectateurs du piège)…

                Dans l’optique de la boucle temporelle, impossible de ne pas cité les films « de répétition ». Sans évoquer à proprement parler le voyage dans le temps, ils mettent en scène un personnage confronté à une situation identique se répétant à l’infini, jusqu’à ce qu’il puisse trouver le moyen d’altérer suffisamment la chronologie des évènements. Des films où le cinéma rencontre d’une certaine manière le jeu vidéo, avec cet art de vivre, mourir, et recommencer jusqu’à l’achèvement de la quête. On pense ici à la marmotte, le «Jour Sans Fin » de Harold Ramis avec Bill Murray, « Source Code » de Duncan Jones (avec encore Jake Gyllenhaal), mais aussi au film d’action « Edge of Tomorrow », de Doug Liman …

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Enfin, autre perle du genre, Looper, de Ryan Johnson, un film au combien précieux dans cette sélectio, où Joseph Gordon Levitt et Bruce Willis incarnent le même personnage à deux époques différentes, le second envoyé dans le passé pour y être assassiné… par lui-même… Impossible d’en dire plus.

Option 7 : L’inévitable apocalypse

 

Et oui ! Par le voyage dans le temps, on pourrait éviter l’apocalypse… Ou pas. Dans cette thématique, deux classiques. D’une part, les « Terminator » de James Cameron (et on oublie poliment les très mauvaises suites, Renaissances, Genesys et consorts), où un robot surpuissant à apparence humaine est envoyé du futur dans le temps présent pour éliminer la mère du futur espoir de la rébellion contre Skynet, l’empire des machines. Les deux films de Cameron évoquent eux aussi l’aspect « boucle temporelle », mais ajoutant à cela un regard terriblement sombre sur notre avenir… Impossible de ne pas citer, d’autre part, l’un des autres classiques de la SF, « La planète des singes » de Franklin J. Schaffner, film qui manipule habilement la question du temps, mais aussi ses suites très réussies.

Enfin, parlons rapidement super-héros, en évoquant  “X-men days of the future past”, où la réunion, sur un film, des castings de tous les films X-men, sur deux temporalités, l’une répondant à l’autre, tandis que Logan est envoyé dans le passé pour prévenir un future… apocalyptique.

Option 8 : Le compagnon du temps

On termine par ce segment qui réunit deux œuvres majeures qui méritent leurs places ici, pour évoquer ce que j’appellerai « les compagnons du temps », ou comment des personnages, par leurs anachronismes, s’avèrent des voyageurs dans le temps, à leur manière.

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 Le premier est le majestueux « Abattoir 5 » de Georges Roy Hill, d’après le roman de Kurt Vonnegut. L’histoire de Billy Pilgrim, qui prétend pouvoir voyager dans le temps, et se promener, pleinement conscient de sa vie passée et future, dans sa propre existence. Hill explore ici un aspect tout particulier du voyage dans le temps, tandis que la passivité de son personnage face aux tourments de l’existence (et notamment le bombardement tragique de Dresde, auquel il survit dans le fameux abattoir) est le reflet d’un regard froid sur le destin et ses affres…

Miroir de ce film, « L’étrange histoire de Benjamin Button » de David Fincher est presque un hommage thématique au film de Hill. Benjamin Button est né âgé, vieil homme et avance dans la vie en rajeunissant. Cet élément, initialement joyeux, s’avère pour le personnage une forme de malédiction, tandis qu’il perd doucement tous les êtres qu’il aime, alors que lui devient toujours plus fringant. Le film de Fincher (rapidement adapté d’une farce de Fitzgerald) pointe du doigt le destin, lui aussi, et les souffrances du temps, qui passe et détruit inlassablement tout, et fait de Benjamin le témoin silencieux, le compagnon d’une mort qui frappe inévitablement. Le film est une fable pleine d’une ironie sombre, qui touche à une certaine approche du voyage dans le temps, tandis que Benjamin Button, vit à rebours les étapes de la vie et témoigne à sa manière d’un paradoxe temporel inédit au cinéma.

Il y aurait tant d’œuvres encore à explorer ici, mais aussi la possibilité de trouver d’autres thématiques communes entre tous ces films… Mais il faut savoir s’arrêter là… Plus le temps…

 

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Une réflexion au sujet de « Retour vers le passé – Le voyage dans le temps au cinéma »

  1. Merci PM!
    Je suis cliente! J’ai les yeux humides à la fin de l’Armée… ou d’Interstellar alors que je les ai déjà vus plusieurs fois!
    😉 j’ai bien aimé Déjà VU aussi… et NIMITZ et………

    J'aime

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