La liseuse ou la patate chaude

Pas toujours sexy avec son petit côté « mono-bloc » en noir et blanc, la liseuse a fait son apparition dans les bibliothèques parisiennes, à peu près au même moment que les tablettes.

Et chez nous, elles ont eu une vie en « dents de scie » : plébiscitées par vous, chers lecteurs, dès leur arrivée à la bibliothèque, elles ont eu un passage à vide après un effet « soufflé au fromage » qui est retombé. Puis voilà que Juin approchant, elles sont de nouveau populaires et vivent un regain d’activité, à l’approche de l’été où nous sommes nombreux à vouloir alléger nos valises au maximum sans se priver de bons romans à dévorer sur la plage.

Les liseuses en bibliothèque sont un vaste sujet ouvert à débat, et si vous voulez avoir un petit point de route sur la question, voilà un lien sur un Scoop.it qui devrait satisfaire votre curiosité.

Dans cet article, on va plutôt parler de ce qui se passe ici à Louise Michel, et sachez-le, on n’est pas forcément de bons élèves.
En tous cas les liseuses sont un support dont on ne peut discuter les multiples avantages: légèreté et maniabilité dont on se félicite quand un roman papier fait parfois 500 pages, un accès à plusieurs milliers de livres en moins de 200 grammes, une ergonomie souvent bien pensée et qui permet une rapide prise en main. Et j’en oublie sans doute en route.

Mais parlons de ce qui fâche : avoir des liseuses à prêter aux lecteurs c’est la base, pourtant il faut bien se rendre à l’évidence : chez nous, elles sont sous-exploitées.

Le premier écueil, c’est leur manque de visibilité, parce que leur prix élevé et leur fragilité supposée peut donner des frissons aux bibliothécaires à l’idée de les mettre en présentation. Et pourtant, comment savoir que des liseuses sont disponibles à la bibliothèque si on ne les voit jamais ? Elles deviennent alors une sorte de denrée rare qui se passerait sous le manteau…

Les affiches de communication et le fait d’en parler aux lecteurs à l’inscription par exemple, peut remédier un peu à ce problème, mais ça ne fait pas tout.

L’idée serait donc de les rendre vraiment visibles de tous, et pour éviter de mettre une dizaine de liseuses sur table (ce n’est pas très vendeur cette flopée de petits rectangles en cuir noir sans âme!), on préfère mettre une seule liseuse en présentation.
Pour la rendre vraiment attractive, un résumé des 3 nouveautés qu’on aura pris soin de télécharger dessus sera proposé aux lecteurs sous forme d’une fiche avec photo de la couverture et résumé du roman. Parce qu’en-dehors du support, c’est surtout le contenu qui intéressera les lecteurs.
Et parce qu’on aime bien bricoler et bidouiller, on lui a aussi prévu un étui de papier, à décliner selon les envies, selon la thématique développée sur les liseuses, ou tout simplement, selon les goûts des bibliothécaires !
Voilà un mini-tuto en images :

La liseuse sans huile de palme, vous connaissez ?

Choisissez une boîte en carton qui pourra faire étui et présentoir à liseuse. Une boîte de galettes aux céréales c’est très bien par exemple. Découpez-la en biais pour faire apparaître la liseuse quand elle sera installée dedans.

Préparez-vous un stock de petits papiers

Ensuite il vous faut des p’tits papiers, lesquels vous serviront à rhabiller la boîte de façon plus sympa !
liseuse, liseuse bibliothèqueEt voilà le résultat ! 🙂

Mais revenons au contenu de ces petites bêtes : les liseuses sont proposées, au départ, avec des titres qui se sont élevés dans le domaine public.

Ce seront donc des classiques, ce qui permet de les redécouvrir, ou de répondre aux demandes des scolaires, qui veulent tous en même temps tel titre de Balzac par exemple. (A noter quand même que ce cas de figure est assez rare, les collégiens ou lycéens préfèrent la plupart du temps travailler avec un livre où ils peuvent « naviguer » de passage en passage plus facilement.)

Mais rapidement, avec le lancement de la bibliothèque numérique de Paris, un nouvel usage, bien plus pertinent, est apparu : télécharger des nouveautés sur les liseuses de la bibliothèque. Et vous les prêter ensuite, clé en main !

La bibliothèque numérique propose des titres téléchargeables sur la plupart des liseuses, pas uniquement sur celles de la bibliothèque, bien entendu. Mais elle prend tout son sens quand on peut la faire connaître grâce aux liseuses de la bibliothèque.
Comme dans tout nouveau système, il y a un grain de sable qui grippe (un peu) la machine, c’est la gestion des DRM, assez compliqués (ou du moins, assez longs) à gérer. Ça, c’est à nous, bibliothécaires, de composer avec. Les DRM (Digital Rights Management) sont des verrous numériques censés protéger les droits d’auteur en interdisant à un utilisateur qui a acheté un produit de pouvoir le dupliquer et de le partager.

Moi quand Adobe et Reader for PC m’affichent un message d’erreur.

Il y a donc deux types de liseuses proposées à la bibliothèque :

  • les liseuses « classiques », avec des titres issus du domaine public, qui ne nous demandent pas beaucoup de logistique, puisqu’il suffit de vérifier à leur retour si aucun autre titre n’a été ajouté par le lecteur, et de les recharger si besoin. Elles sont assez « autonomes ».
  • Et puis il y a les « louiseuses », sur lesquelles nous téléchargeons des ebooks de la bibliothèque numérique, et que nous cherchons à mettre en lumière en les présentant sur la table de nouveautés au milieu des romans, ou bien dans le cadre du Café de Louise.

En effet, lors du Café de Louise, un café littéraire animé par les lecteurs et les bibliothécaires, les louiseuses sont venues étoffer nos propositions : à l’occasion de la rentrée littéraire, quand le dernier livre de Leïla Slimani circulait déjà en version papier, nous avons pu en proposer 4 versions numériques aux lecteurs désireux de lire les dernières nouveautés. La formule fonctionne si bien que le prêt de liseuses au moment du Café de Louise s’est régularisé, à la demande des lecteurs qui apprécient de ne pas avoir à faire eux-mêmes les manipulations de téléchargement. Et qui apprécient surtout de ne plus être en liste d’attente pour lire le dernier Goncourt, mais de pouvoir repartir avec !

Après avoir invité un auteur à la bibliothèque, l’idée serait aussi de pouvoir prêter l’ensemble de son œuvre sur liseuse, que les usagers pourraient emprunter à l’issue de l’animation.

Car pour l’instant, les liseuses ont une vie rythmée selon les vacances (l’été notamment), ou selon la popularité des titres téléchargés dessus. (merci Elena Ferrante et sa trilogie archi-réservée !)

Et vous, aimez-vous lire sur liseuse ?
Qu’est-ce que vous aimeriez trouver sur votre liseuse si vous deviez emprunter des titres à la bibliothèque ?

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6 réflexions au sujet de « La liseuse ou la patate chaude »

  1. Alors moi j’ai une liseuse et j’attendais avec impatience que des bibliothèques numériques s’ouvrent. Du coup depuis cette année c’est du bonheur en barre de pouvoir emprunter sur le site de la bibliothèque numérique de Paris.
    Ce que j’aimerais trouver à la bibliothèque ce sont des louiseuses empruntables par thématique, auteurs d’un pays, policiers, romans bibliographiques… ou spécialement destinées aux enfants et jeunes car je trouve qu’il y a très peu d’ouvrages empruntables sur la bibliothèque numérique de paris pour ces classes d’âge.
    Et puis faire remonter au site de la bibliothèque numérique de Paris, vu que l’on ne peut pas déposer de commentaires, que l’on aimerait voir apparaitre la rubrique « boite à idées » pour proposer des livres que l’on aimerait lire.
    Et voilà c’est tout.

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    • Bonjour Calmel,
      Et merci pour ce retour enthousiaste à propos de la bibliothèque numérique !
      Imaginer des thématiques sur liseuses est une bonne idée, nous l’avons proposé cette année pour faire découvrir des auteurs japonais lors du café de Louise, mais cette proposition sera à développer davantage encore.
      Vous pouvez retrouver sur nos liseuses « classiques » un classement par genres (policiers, SF, épouvante…), par thèmes (Paris, figures féminines, figures masculines) et même par langues (lisez en anglais, allemand, italien, portugais…)
      Pour la question des ebooks à destination des enfants, il y a plusieurs obstacles : l’édition jeunesse ne propose pas ou très peu de livres jeunesse en format numérique, excepté pour les grands ados. Et par ailleurs, nous ne pouvons pas prêter les liseuses aux mineurs…
      Et pour votre dernière question, je laisse le soin à l’administrateur de la bibliothèque numérique de vous répondre lui-même.
      Encore merci de vos retours !

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  2. Sur la forme : « peut pallier un peu à ce problème, -> pallier est transitif direct, pas besoin de « à »

    Sur le fond : super article, comme d’hab, qui sera à la fois utile et décomplexant pour nombre de collègues ! Merci !

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    • Aïe, prise en flag ! J’ai changé ce « pallier » par « remédier », non mais !
      Merci en tous cas pour le gentil commentaire, ça fait toujours plaisir.

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  3. Bonjour Calmel,
    Pour le moment, l’architecture du site ne permet pas encore les suggestions en ligne. Toutefois, il devrait s’intégrer au portail des bibliothèques de prêt dans l’année l’année à venir, et c’est l’une des évolutions que nous souhaitons voir apparaître.
    Pour le moment, la seule possibilité reste de demander à un bibliothécaire qui nous transmet ensuite la demande, ou via le service Paris j’écoute.
    Merci pour votre retour et votre intérêt.

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