« Petit Pays » paradis perdu d’un grand monsieur

fayePetit comme le Burundi, petit comme l’enfant qui raconte, petit comme la marque d’affection profonde pour le paradis perdu de l’enfance.

Le premier roman de Gaël Faye enveloppe et fait voyager, très très loin, avec cette écriture sensuelle et déjà  bien à lui, aux accents de slam et de poésie.
Le personnage de Gabriel c’est lui mais pas tout à fait lui, voire pas du tout lui.

Peu importe. C’est doux et joyeux, ce que vit Gabriel, sa petite sœur, ses potes et ses parents, les domestiques dans la grande maison, l’insouciance, la douceur des plaisirs simples et des découvertes.
Et puis plus du tout, alors il raconte la souffrance, le Rwanda abandonné de tous, les épouvantables massacres des Tutsis.

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles ».

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Mais Gaël Faye est avant tout musicien interprète et compositeur. Milk Coffee Sugar, son premier groupe avec Edgar Sekloka, puis son premier album solo en 2013, l’excellent  « Pili pili sur un croissant au beurre » lui ont permis d’extérioriser déjà une forme de rage, un fardeau qui ne se dit pas, ce qui laisse peut-être la place, dans le roman, à une certaine légèreté dans le chaos.

« Ce qui s’est passé dans ces régions-là a atteint des sommets de violence et d’horreur que même la littérature ne pourrait pas décrire. Et j’ai essayé – comme le personnage met la violence à distance, moi-même en tant qu’écrivain à ce moment-là – j’ai essayé de mettre le plus longtemps cette violence à distance et de ne pas trop la décrire. »

Pour la petite histoire, Gaël Faye était venu à Louise Michel grâce à Bintou Simporé, lors d’une de ses soirées carte blanche, nous enchantant de sa langue riche et enjouée, de ses chansons touchantes superbes et péchues.

Une présence incroyable également sur scène ce jeudi soir où il enflamma la Maison de la Poésie (oui on le suit partout) et la petite troupe que nous formions. Une lecture musicale et quelques chansons pour un spectacle très réussi… Qui mieux que lui pour jouer son texte ? Accompagné de Samuel Kamanzi, au chant et à la guitare, extraordinaire lui aussi.

La bonne nouvelle c’est que vous avez encore une petite chance de le voir les 18 et 19 janvier à la Maison de la Poésie, on ne saurait que trop vous recommander d’y courir !

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