« DUCK YOU, 2016 » : Adieu et merci, Léonard.

Leonard CohenLeonard Cohen est mort. Quel que soit l’angle par lequel on la regarde, 2016 était une année qui laissait quand même sacrément à désirer …et certains en parlent d’ailleurs mieux que nous. Nous voulions du sombre? Nous l’avons eu.

 

Avant toute chose : sachez que cet article a été écrit en écoutant « Song of Léonard Cohen », et que je recommande d’en faire la lecture dans les mêmes conditions.

Léonard Cohen est mort, et un lumineux morceau de la poésie du monde avec lui. On s’y attendait malheureusement, et il l’annonçait lui-même dans la lettre bouleversante qu’il avait écrit à son ancienne compagne, Marianne Ihlen, il y a quelques mois de cela :

« Nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux, nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. Sache que je suis si près derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne. Et tu sais que j’ai toujours aimé ta beauté et ta sagesse et je n’ai pas besoin d’en dire plus parce que tu sais tout cela. Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin. »

J’ai découvert son oeuvre de la pire des manières. Adolescent bête, je tombais éperdument amoureux de Jeff Buckley, puis, ayant entendu la version originale d’Hallelujah, était convaincu que Léonard Cohen s’était livré à un pillage de la pire espèce. Oui, un adolescent très bête…

Heureusement, j’avais aussi des grandes sœurs pour me mettre un peu de plomb dans la tête et des CD dans la chaîne HI-FI. Ce ne fut pas le coup de foudre. C’est qu’il m’intimidait, le monsieur, avec sa voix grave et profonde, sa poésie torturée et cette insondable noirceur. Je ne savais pas sur quel pied danser, s’il fallait se laisser prendre à une douce contemplation ou à une triste mélancolie.

Puis vint Suzanne, et je faisais l’expérience que oui, il est possible de détruire un CD  en se contentant d’abandonner sa chaîne en mode « Repeat » sur une seule et même piste. Et qu’on pouvait aussi arrêter de se demander comment prendre ses chansons, et se contenter de s’oublier dans la beauté de sa musique.Afficher l'image d'origine

Encore aujourd’hui, bien des années après, il est difficile de faire un voyage en train sans écouter Avalanche en voyant défiler le paysage, évident de passer The Partisan dans les moments de doutes, et impossible de ne pas avoir une larme en écoutant Hey, That’s No Way To Say Goodbye.

L’homme était un poète magnifique, et livrait au monde perles après perles. Et évidemment, son dernier album, You Want It Darker, est truffé de ces merveilles, à commencer par la chanson éponyme.

Difficile de ne pas finir cet hommage très personnel sur une citation qui m’est chère, un beau morceau de poésie qui m’accompagne encore :

“Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That’s how the light gets in.”

Au revoir monsieur Leonard, et merci.

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