Les BD qui déçoivent…

DSC03965… Parce qu’il n’y a pas que les recommandations littéraires, à la bibliothèque.
Il y a aussi ce moment de flottement , quand une lectrice (ou un lecteur) nous demande un conseil, où on regarde la BD qu’on vient d’attraper sur le rayonnage parce qu’on vient de la lire, et on entend alors la petite voix interne nous dire: « bah tu l’as pas beaucoup aimée celle-là, tu ne peux pas lui proposer ».

Souvent je n’aborde même pas la chose, parce que c’est bien connu : il est plus facile de descendre un livre (ou un film, une série, le boulanger du coin qui ne vous dit pas bonjour), plutôt que de choisir les mots justes pour convaincre son interlocuteur que cette BD, là, elle est géniale.
Pas facile mais c’est tout ce qui fait le charme du métier ! (Même si ma mémoire de poisson rouge ne m’aide pas toujours au moment où quelqu’un me demande un livre « sympa, pas trop déprimant, avec de l’humour ». Note à moi-même : la faire enfin, cette bibliographie des Feel good books. Et vous la proposer sur le blog, tiens, si ça vous dit ?)

Mais je digresse !
Sur un blog de bibliothèque, on trouve beaucoup de recommandations, de coups de cœur, mais quid des livres qui nous ont déçus ?
Ils sont là aussi, ces titres qu’on a pris sur une intuition, parce que l’auteur est connu et réputé, parce que ça a l’air drôle ou intéressant, et puis à la lecture, voilà qu’ils nous laissent un goût d’inachevé, un quelque chose de décevant, comme une pâtisserie trop sucrée, (après promis, j’arrête les métaphores bizarres !)

Et cette année encore, j’ai eu ma moisson de livres décevants, de BD qui me laissent sur ma faim, d’histoires qui m’ont endormie.

Les voici les voilà, et surtout sentez-vous libres de me contredire et de me vanter les mérites de ces livres incompris :

elle s'appelait tomji, jiro taniguchiN’ayant jamais lu aucun titre de Jiro Taniguchi, j’ai sans doute commis l’erreur de commencer par un de ses titres récents, plutôt que par ceux qui ont fait sa renommée.
L’homme du Quartier lointain ne m’a pas émue…
La qualité graphique de ce manga est évidente, la délicatesse du trait et des paysages, et les quelques pages en couleur sont très belles.
Mais l’histoire, trop elliptique à mon goût, ne m’a pas fait rêver.
J’attendais sans doute un rebondissement, pour donner du corps à ce récit, qui à trop jouer la carte de la pudeur, m’a finalement ennuyée.
La fin, inachevée pour moi, semblait appeler une suite : mais non, c’est bien un One-shot !

vacance, cati baurEncore une BD qui m’a laissée perplexe : Vacance, de Cati Baur.
L’histoire était pourtant séduisante : qu’est-ce qui pousse Marie, prof d’anglais parisienne, mariée et mère d’un petit garçon, à tout plaquer sur un coup de tête et prendre la poudre d’escampette sur une aire d’autoroute, laissant toute sa vie derrière elle ?
Hélas, je n’ai pas compris Marie, je ne me suis pas attachée à elle, je n’ai pas saisi son mal-être ni ses motivations.
En un mot : je suis passée complètement à côté de cette BD, la refermant avec un sentiment de vacuité, d’histoire creuse qui laisse son lecteur sur le bas-côté à trop vouloir délivrer un message subtil…

bm_CVT_Le-retour-dAntoinette_3182Aaaaah, le retour d’Antoinette, d’Oliva Vieweg
Pour lui aussi j’avais de grands espoirs, avec un thème intéressant mais sensible à manipuler : le harcèlement scolaire.
Une jeune femme revient dans son village après avoir réussi dans la vie, et doit affronter l’idée de revoir ceux qui l’ont tourmentée et harcelée quand elle était enfant.
Toute en orange, gris et noir, cette BD m’a beaucoup déçue par le traitement assez brouillon de l’histoire. Impossible de s’attacher à l’héroïne, qu’on devine froide et qui a basculé dans un état d’esprit difficile à saisir.
La fin étonne par son côté peu crédible, et au final, j’ai refermé cette BD avec un sentiment de malaise pas tant lié à l’histoire qu’à la déception de voir ce thème traité sous un angle qui ne convainc pas.

la-cicatrice-gilles-rochiers1Là aussi, j’avais détecté un énorme potentiel : un homme se réveille un jour avec une cicatrice importante sur le torse dont il ignore totalement la provenance.
Affolé, il essaie d’en parler à sa femme, mais ce soir ils reçoivent des invités et son épouse ne l’écoute pas. Ce sera le point de départ de l’étrange découverte de Denis, le héros de la Cicatrice : il est seul face à un malaise grandissant dont la cicatrice est le symbole; symbole d’un train-train quotidien qui a vidé sa vie de sens et d’intérêt.
Finalement, j’ai eu envie de le secouer, ce pauvre Denis qui me semblait bien mou et sans caractère. Ce qui lui arrive est incroyable, pourtant quand il essaie de parler de la cicatrice à ses proches, il n’essaie pas de s’imposer et de réclamer des explications. Non, il pose une question et reste sur un statu quo quand, bien entendu, son interlocuteur se révèle incapable de l’aider.

La fin de l’histoire n’arrangera rien, puisqu’elle était assez prévisible et n’apporte pas vraiment de réponse.

Au final, je voulais vous parler de livres décevants, mais ma sélection ne compte que des BD : la prochaine fois, je dégomme les livres qui ne m’ont pas plu, pas de pitié. (pour les romans).

corbier, pas de pitié pour les croissants

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6 réflexions au sujet de « Les BD qui déçoivent… »

  1. Il faudrait ajouter Tu n’as rien à craindre de moi de Sfar à cette liste. Ce livre m’est tombé des mains et je me suis forcé à le lire. Comment l’auteur du chat, de petit vampire et de bien d’autres titres merveilleux peut-il en être arrivé là ?

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    • Sfar, un incontournable que je n’ai pas encore « testé », mais du coup je ne vais donc pas commencer par celui-là, si je comprends bien ! Mais les avis sont unanimes autour du chat du Rabbin, j’essaierai cette série !

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  2. Comme quoi les goûts et les couleurs et surtout notre état d’esprit au moment de la rencontre avec tel ou tel livre (BS ou romans d’ailleurs). Elle s’appelait Tomoji je l’avais mis en coup de coeur et c’était le premier Tomoji que je lisais. 🙂

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  3. Oui, je pense aussi que l’état d’esprit dans lequel on aborde un roman ou une BD impacte notre vision de l’histoire. Et on ne choisit sans doute pas certaines lectures par hasard, il y a parfois un « effet de résonnance » qui entre en jeu. J’avais peut-être placé la barre trop haut pour « Elle s’appelait Tomoji », ou alors j’attendais un aspect psychologique peut-être plus fouillé… Je n’ai pas dit mon dernier mot avec Taniguchi, en tous cas !

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