When there’s something strange in your neighbourhood*

Si l’été 2016 aura été marquant pour moi c’est pour cette belle vague de nostalgie qui m’a saisie au détour du mois d’Aout…

giphy

Quand Netflix a lancé sa série de l’été, Stranger Things, ils ne se doutaient pas qu’ils allait déclencher toute cette vague d’amour.

Stranger Things, c’est l’histoire d’une petite ville de banlieue américaine paisible, où les enfants adorent les parties de Donjons et dragons dans le garage, où les ados découvrent l’amour et où les adultes tentent de surnager… Et puis tout se bouleverse quand un enfant disparait et où apparait de son côté une jeune fille mystérieuse qui a des pouvoirs magiques…

Stranger Things est une madeleine, un hommage aux films Amblin de la grande époque (Poltergeist, les Goonies, E.T., entre autres) ou encore Stand by me, Evil dead, les comédies romantiques de John Hughes… Le tout sous un son de synthé qui rappelle les musiques de Carpenter du meilleur du ciné fantastique de l’époque. Stranger Things c’est une série qui emprunterait à tout ce beau monde, aurait digéré Twin Peaks et les X-Files (encore des madeleines de samedis soirs en famille) pour nous offrir une œuvre réjouissante, effrayante à souhait, à savourer sans gâcher son plaisir un peu coupable de nostalgique invétéré…

La beauté de cette série, c’est de nous rappeler un peu combien les films de nos enfances de trentenaires, combien ces banlieues américaines, ces parties de Donjons et dragons, ces VHS et ces poursuites en vélos appartiennent désormais au patrimoine collectif de l’imaginaire, qu’on peut, rien qu’en les regardant, savoir à quelle époque tout ça se situe, et avoir une petite pincée de nostalgie qui nous titille… La nostalgie, cette chose douce-amère qui ravive les flammes du passé, qui nous ramène en des lieux magiques, qui a éliminé les choses tristes pour ne garder que le meilleur du passé.

Ne nous voilons pas la face, ces dernières années, nostalgie a beaucoup rimé avec « exploitation sale de vos souvenirs d’enfances afin de générer une masse substantiel de revenus ». A exploiter nos souvenirs d’enfance de manière éhontée, certains vilains esprits usent et abusent de concepts magiques qu’on va saigner jusqu’à la dernière goutte. Rien que cette année, on nous ressort une nouvelle série « MacGyver », une série « L’arme Fatale », on refait « Ghostbusters », Murder et Scully ont repris leurs enquêtes… Pour un remake magique de Star Wars, pour un Stranger Things foisonnant et émouvant, pour un Super8, beaucoup de déceptions, d’impressions de se faire avoir par des producteurs en mal d’idées… Et de fait, je comprend, bien que je ne m’applique pas cette formule, ce qu’un discours passéiste peut avoir de nocif: syndrome de Peter Pan, dénigrement régulier de la nouveauté, « c’était mieux avant »

VideoClub_VHS_Piratage_Cassette_Video_INA

Mais, en dépit de tout ça, je suis un nostalgique. Un indécrottable. Mon enfance fut faite de rendez-vous, d’instants récurrents et clés qui ont forgé ma personnalité geekesque, cinéphile, et dévoreur de tout.  Stranger Things, ça m’a rappelé pleins de trucs… Passer le samedi après-midi au vidéo-club pour choisir le film qu’on allait regarder le soir en famille… Revoir Ferris Bueller, Ghostbusters, Indiana Jones ou Batman pour la 100ème fois… Passer à la médiathèque pour ramener 1000 documents pour en reprendre d’autres, lire Gaston, Mafalda, Manu et Lucien… Bref, tout un univers de choses qu’il fait bon de ne pas oublier…

Et aujourd’hui j’ai la trentaine bien avancée et j’ai choisi un métier qui me permet un peu d’entretenir cette part de moi. Je suis bibliothécaire et j’ai l’impression d’être l’artisan d’une nouvelle génération de nostalgiques, de fournir ces petites traditions à d’autres, d’être un transmetteur de bonnes vibrations, d’offrir un havre de paix aux uns et un lieu où on trouve tout à d’autres.

Je les vois, les familles, passer le samedi et aller voir mon fonds de DVD et prendre leurs films pour le soir et le dimanche, charger quelques BD et prendre 10 minutes pour un bazar-bizarre. Je suis devenu l’artisan de leurs traditions à eux… Je les vois, les enfants qui passent à la sortie de l’école emprunter Star Wars, Pacific Rim mais aussi Stand By Me, Princess bride ou les Goonies… J’imagine aussi les papas et mamans de mon âge qui transmettent tous ces souvenirs à leurs mômes au hasard d’un bac de BD, d’un roman, d’un film qui marche comme une bonne madeleine…

X3

J’imagine les enfants de la bibliothèque, peut-être juste deux ou trois, se dire dans 20 ans: « c’était génial, on allait à la bibliothèque en sortant de l’école, je prenais mon goûter et après j’allais causer avec les bibliothécaires autour d’un jeu de société. Et puis j’ai lu ça et ça, et j’ai revu ce film pour la 100ème fois, je connais les dialogues par cœur, mais c’est pas grave! C’était chouette… »

 

*Quand il y a un truc étrange dans ton quartier… Allez, vous avez saisi la référence, sinon, c’est là!

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

7 réflexions au sujet de « When there’s something strange in your neighbourhood* »

  1. Ping : Et c’était 2016… | Louise et les canards sauvages

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s