New-York, esquisses nocturnes – rentrée littéraire 2016

new york, esquisses nocturnes, molly prentissC’est bien la première fois que j’ai envie de rédiger la critique d’un livre avant même de l’avoir terminé !
Et comme souvent, on va jouer à : « comment résumer le style génialissime d’un auteur avec mon vocabulaire si pauvre à côté de ses pépites ? »

Parce qu’en-dehors de sa couverture (graphique et magnifique), ce roman captive totalement grâce à son univers si fort et vivant, dont l’un des personnages les mieux campés n’est autre que le New York des années 80. Le New York de Basquiat et de Keith Haring, le New York des cabines téléphoniques trafiquées pour passer des appels à l’œil, le New York un peu douteux de Downton, où les histoires d’amour flamboyantes naissent dans les bars et se consument au milieu des tableaux posés à même le sol.
Au milieu de ce cadre unique, empreint de la nostalgie d’une époque prête à basculer, se débattent les héros, aux prises avec leurs doutes sur le sens de la vie, sur leur quête du succès ou de l’amour, tous se jetant à leur manière dans cette roulette russe géante : la Grosse Pomme.

Alors qu’au squat, le fête s’éteignait, il l’entraîna vers son appartement, cinq rues plus haut, plein de ses toiles merveilleuses et culottées. La faisant asseoir sur le lit, il lui dit : « Ne bouge pas, je vais te peindre. »
Puis il se passa ceci : lui, rassemblant frénétiquement ses tubes et ses pinceaux, la longue immobilité de Lucy alors que son corps entier l’appelait, voulait plus de lui, le col rêche de son chemisier à sequins, et le résultat en peinture : elle, gigantesque chose mystique, monstre magnifique.
Et ensuite il se passa ceci : lui, délaissant son tableau pour la rejoindre sur le lit et prendre son visage entre ses mains.
Ils s’entre-dévorèrent. Et bien sûr (sa langue dans son oreille), immanquablement (le corps poisseux de Raul sur celui de Lucy), inévitablement (ses yeux comme s’il l’aimait), il allait changer son destin. Elle se réveilla le lendemain matin devant son portrait encore humide, consciente que l’éternité avait commencé, si l’éternité était bien ce à quoi elle ressemblait : une année à New York lorsqu’on était amoureux.

J’ai lu ce passage 4 fois, au moins, et je crois que c’est une des plus jolies descriptions de l’amour que j’aie croisé jusque-là…

L’histoire est à l’avenant de cet extrait, toute en rondeur et en sensualité, et cela va si bien à Molly Prentiss de publier son premier roman sous le signe de l’art, cet art qui bouscule et définit ses personnages, car rarement une auteure de littérature aura si bien parlé de peinture et de création artistique.

Ennuyeux, abstrait ?
Détrompez-vous : grâce à elle, vous ferez un voyage dans le temps et vivrez New York comme si vous y étiez. Si vous cherchez une belle histoire d’amour, de celles qui vous prennent aux tripes et vous collent des frissons, c’est ici.

Molly prentiss, esquisses noctuirnes, new yorkEn bref, ce roman est une excellente surprise de la rentrée littéraire 2016, et je vais sans aucun doute suivre l’actualité de Molly Prentiss de près !
En attendant, vous pouvez retrouver New York, esquisses nocturnes à la bibliothèque !

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