Com’ with Louise chapitre 1 : prolégomènes palmipédiques …

Pour continuer notre série de l’été et partager avec vous comment se passent nos journées, on va vous parler de communication ! Comme le sujet nous passionne et qu’on a le temps, avec Claire nous allons vous proposer plusieurs billets sur la question. Cette semaine j’ouvre le bal avec des questions relativement générales : c’est quoi communiquer pour nous ? Pourquoi on le fait ? Et comment ça s’inscrit dans l’organisation générale de la bibliothèque ? C’est parti !

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Hey les gars j’ai une nouvelle idée pour la com’ !

Introduction …

Pourquoi ça nous semble intéressant et important de vous parler de la communication à la bibliothèque ? D’abord parce qu’on avait envie de prendre un peu de recul sur ce que nous faisons au quotidien, comment on le fait, ce qui rate et ce qui réussit. Et puis parce que partager, rendre compte de ce que l’on fait c’est bien, d’ailleurs c’est comme ça qu’on fonctionne : on s’inspire, on discute, on remixe, on adapte, on réinvente et on trouve notre propre voie. Alors n’hésitez pas à rebondir sur ce qu’on va dire, à critiquer, à débattre, à nous interpeller sur nos pratiques, on sera ravis d’échanger dans les commentaires, par mail ou à la bibliothèque !

La communication à la bibliothèque Louise Michel c’est une fonction stratégique. Une fois que je vous ai dit ça vous n’êtes pas plus informés mais j’espère que vous vous dites « Ah ouais quand même, stratégique c’est important ça ». Pour vous en convaincre je vais m’attacher dans ce billet à vous définir ce qu’est la communication pour nous, et puis vous montrer comment ça s’insère dans notre fonctionnement. (Pour plus d’infos sur notre fonctionnement – vous verrez il y a des trucs qui se recoupent – vous pouvez aller voir ce billet là).

Définir la communication

On va commencer par la base … Que nous dit Wikipédia :

La communication est l’ensemble des interactions avec autrui qui transmettent quelque information. Il s’agit donc aussi de l’ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d’un message auprès d’une certaine audience.

Voilà. C’est le socle : communiquer c’est passer une information. Dans notre cas de bibliothèque, communiquer ce serait l’ensemble des processus à notre disposition, que nous utilisons consciemment ou non (j’y reviendrai) pour véhiculer une info à nos usagers.

Mais quelle info ? Hé bien par exemple la tenue d’une animation, l’arrivée de nouveaux documents, de nouvelles règles de prêt, une sollicitation pour nous aider à monter un projet … Mais cela peut également être légèrement plus complexe : la communication c’est ce qui va nous aider à tisser une relation (c’est une expression que nous avons beaucoup utilisé et qui commence à nous lasser … si vous avez des idées pour la remplacer, écrivez-moi) entre les professionnels qui animent le lieu et celles et ceux qui le fréquentent. Mais c’est aussi ce qui va nous permettre de déployer une « image de marque » de la bibliothèque, quelque chose de reconnaissable et qui fait que même sans savoir réellement quel est le message vous vous rendez compte que c’est lié à nous … Cryptique hein ?

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Pour continuer avec Wikipédia :

Comme le constate Daniel Bougnoux : « Nulle part ni pour personne n’existe LA communication. Ce terme recouvre trop de pratiques, nécessairement disparates, indéfiniment ouvertes et non dénombrables. ».

Badass Dany. Il a complètement raison, et c’est sans doute pour ça, que nous avons mis aussi longtemps à écrire ces articles sur LA communication … On vous la fait courte : comme tout le monde nous sommes d’accord pour définir la com’ comme un processus, et on épouse pas mal de divergences dans sa qualification. Oui c’est une « transmission d’information », mais c’est normal puisque pas mal d’entre nous viennent d’un cursus universitaire en Info/Com’. Mais c’est aussi un « système complexe qui prend en compte tout ce qui se passe entre deux personnes », et là on complète par nos bagages de formateurs Accueil (avec un peu d’analyse transactionnelle dedans). Et oui absolument « la communication est une occupation professionnelle » (c’est ce que dit ma fiche de poste en tout cas) « destinée à convaincre » (de participer à une animation, d’emprunter tel ou tel bouquin, ou juste que les bibliothécaires sont sympas).

Pour synthétiser : la communication à la bibliothèque Louise Michel c’est à peu près tout ça. Un processus complet, prenant en compte l’ensemble des vecteurs par lesquels nous pouvons toucher nos publics (au sens large, je vous vois venir), pour véhiculer une info, convaincre nos interlocuteurs, et façonner une image de l’établissement autant que des bibliothécaires qui l’animent. Il est donc le sujet d’un travail important, autant dans la forme qu’il va prendre que dans ses implications pour notre équipe et pour les publics.

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Ah et puis une dernière chose : la communication fait partie de notre cœur de métier. Vous en doutez ? Jetons un coup d’oeil au Manifeste de l’Unesco : « Le bibliothécaire est un intermédiaire actif entre les usagers et les ressources offertes. » Bim, revoilà l’intermédiaire actif.

Dans les différentes interventions que j’ai l’occasion de faire, j’aime bien raconter une histoire (elle me vient de plein de discussions avec des collègues, merci à eux), celle de l’évolution du bibliothécaire et de son envie d’être aimé … Avant, je parle du temps où le web n’existait pas, pour accéder à une information, à un document, il fallait passer par la bibliothèque, et par le bibliothécaire. Il faisait montre d’une incroyable technicité professionnelle, possédait des références pointues et savait, Graal ultime, faire une recherche dans un catalogue. Il était désiré et aimé pour ça. Et il adorait ça le bougre. Il était le PRESCRIPTEUR. Mais le temps passa et bientôt les dieux des internets sont apparus … Toutes les informations étaient désormais disponibles à quiconque disposait d’une connexion ! Toute la culture du monde ouverte par l’intermédiaire de moteurs de recherche à l’interface plus intuitive que n’importe quel catalogue … Le bibliothécaire se retrouve soudain dépossédé de son savoir-faire, inutile, boudé, moqué par la société qui le trouve ringard et poussiéreux. Bouhou. Mais il a une idée : et si, pour qu’on me trouve encore cool, je développais une autre activité ? Celle de MÉDIATEUR. Parce que finalement vous êtes perdus dans les vastes autoroutes de l’information (je rappelle que l’utilisation de cette expression dans un autre contexte que celui de la farce ou du sarcasme est punie par la loi) et vous avez besoin de moi pour vous y retrouver … Aimez-moi encore ! (Attention, ceci est une fable et non un appeau à trolls, je suis bien conscient de grossir le trait et que bien évidemment c’est un rôle important que celui de la médiation, mais admettez que ce mot est quand même très moche). Enfin la troisième étape de notre voyage, une étape que peut-être nous sommes en train de vivre en ce moment : dépassant ses instincts, conscient de lui-même et du monde qui l’entoure, le bibliothécaire s’abandonne enfin à l’intelligence collective et se découvre un rôle plus valorisant encore, un rôle dans lequel il développe toutes les conditions (physiques, logistiques mais aussi symboliques) pour que ceux qui fréquentent la bibliothèque se l’approprient et construisent avec lui ses services et ses projets. Il est devenu le FACILITATEUR.
Hélène se moque systématiquement de moi quand je fais cette explication en trois temps, mais j’aime bien lui donner ce plaisir.

Pourquoi vous raconter tout ça ? La pauvreté de ma prose n’aura pas entamé votre soif de comprendre, et vous aurez repéré que ces trois étapes s’insèrent naturellement dans la formulation de l’Unesco. Nous sommes des interfaces, nous avons seulement évolué avec la société et nous ne sommes plus seulement des passeurs de savoirs, nous faisons aussi se rencontrer les personnes, leurs compétences, leurs envies et leurs aspirations. Libres à nous de choisir la méthode, le fond reste le même depuis toujours.

magic

Bon Jamy, comment ça marche ton truc ?

Vous vous rappelez dans le billet sur le fonctionnement de la bibliothèque, nous vous parlions de notre organisation interne par pôles de réflexion sur le projet d’établissement. Cinq pôles qui occupent des fonctions à la fois prospectives (veille sur le sujet, réflexion sur les projets à mettre en place, animation de groupes pilotes …) et effectives (réalisation d’outils pratiques pour accompagner l’équipe dans le quotidien).

Aujourd’hui je vais vous parler du pôle le plus cool (sans rancune les collègues ^^) : le pôle Action Culturelle et Communication.

Il est composé de trois personnes : Élise, Claire et moi. Élise est notre Responsable de l’Action Culturelle : elle est l’interface entre la bibliothèque et les acteurs avec lesquels nous travaillons pour proposer une action culturelle régulière (et de qualité) à nos publics. C’est elle qui se bat avec les budgets, pour avoir les infos des intervenants extérieurs, qui rédige les argumentaires à destination de notre tutelle … Claire et moi nous chargeons de l’aspect communication : nous coordonnons donc les actions, nous mettons en place des outils, des modèles et des méthodes, nous formons nos collègues, nous faisons des réunions dans lesquelles on explique que faire un post de 30 lignes sur Facebook c’est pas bien … En gros.

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On en vient à une notion importante pour nous : la co-responsabilité. Nous ne sommes pas les directeurs de la communication. Nous n’avons pas un pouvoir de censure immanent (et c’est bien dommage). Nous n’exerçons aucun contrôle a priori sur ce que nos collègues vont poster sur les réseaux, tout comme nous ne formatons pas les discours que nous tenons à notre public. Nous sommes tous co-responsables du bon déroulement du truc, de ce qui marche, et de ce qui ne marche pas.

Le rôle de coordination, sur ce projet comme dans tous les projets de la bibliothèque, est donc un rôle de facilitateur (on y revient). Il nous incombe de créer une dynamique dans l’équipe, une appropriation du sujet et de l’ensemble des paramètres, sinon par l’ensemble, du moins par une majorité de nos collègues. Ce sont des mots très ambitieux, et qui peuvent sembler déconnectés de la réalité, mais ce qu’il est important de comprendre c’est que cette pratique, cette réflexion, est née du quotidien. Nous avons petit à petit mis des mots sur notre façon de fonctionner, et nous l’alimentons à l’usage, au fil des projets, des réussites et des échecs.

Si l’on en revient à la communication, nous avions une pratique très scolaire de la chose au départ. On trouvait nos newsletters un peu fades et notre page Facebook ressemblait à une maison de pré-retraite de bibliothécaires, bref c’était poussif. Mais avec le temps, avec les retours, avec l’enrichissement de la culture collective (et des pratiques individuelles), nous avons repéré les points centraux : personnaliser, éditorialiser, co-responsabiliser. Les voies de la communication numérique ne sont plus celles de la communication institutionnelle d’il y a vingt ans. Il y a une nécessité de réactivité et de symbiose avec les publics. Et pour obtenir cette alchimie, la rendre naturelle, il faut travailler plusieurs axes : familiariser avec la technique, partager une culture collective, et ambiancer. Mais ça ce sera l’objet du prochain billet …

Pré-conclusion …

Voilà donc en quelques lignes des explications sur le pourquoi de notre politique de communication. Vous l’aurez compris, ce qui nous tient particulièrement à cœur c’est l’idée de COHÉRENCE entre l’image que nous voulons véhiculer, et la réalité de ce qui se passe tous les jours à la bibliothèque. Et pour servir cet idéal nous avons fabriqué un mantra : Informer, Divertir, Créer dont on vous parlera dans un prochain épisode.

A plus !

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11 réflexions au sujet de « Com’ with Louise chapitre 1 : prolégomènes palmipédiques … »

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  3. Ping : Revue de presse d’Août | Mediabib91

  4. Merci pour cet article dont nous avons beaucoup apprécié la lecture (et le choix très pointu des gifs, il faut le dire). Celui-ci tombe à pic car nous sommes justement en pleine réflexion sur la comm’ de la bibliothèque. On attend donc la suite de vos aventures avec impatience et nous serions ravis de partager prochainement notre expérience avec vous.

    Aimé par 1 personne

    • Merci ! Le choix des gifs est un travail particulièrement laborieux et exigeant, merci de l’avoir relevé 😉 Et ce serait très chouette de trouver une façon de partager nos expériences en effet : on se monte une journée d’échange ?

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