Voyage imaginaire : le Chili

Il existe des pays qui nous font rêver, où nous n’avons jamais mis les pieds, dont on se dit « un jour, j’irai … ». Cette phrase vous l’avez peut-être déjà lue par ici … En effet, j’ai déjà abordé, un de ces pays, le Japon.

Parce que le voyage imaginaire est aisé quand on franchit les portes d’une bibliothèque, voici un autre pays, dans lequel j’aime vagabonder à travers le regard de cinéastes, d’auteurs, d’illustrateurs, de photographes et dans lequel j’aimerai vous emmener : le Chili.

Parc national Huerquehue / Elsa Eipoca

Parc national Huerquehue / Elsa Eipoca

D’où peut bien provenir cette fascination ? La géographie prometteuse, les grands espaces, un pays tout en longueur qui longe l’océan Pacifique jusqu’au Cap Horn ; des noms de villes tels que Valparaiso, Puenta Arenas, Santiago ; le légendaire Salvador Allende ; une histoire mouvementée …

Ile de Chiloe / Elsa Eipoca

Ile de Chiloe / Elsa Eipoca

Qu’importe au fond … je vous emmène dans mon Chili imaginaire, en commençant par la mythique Patagonie …

Dernières nouvelles du sudDernières nouvelles du Sud / Luis Sepulveda, photographies Daniel Mordzinski

J’ai découvert Luis Sépulveda adolescente avec « Le vieux qui lisait des romans d’amour » et j’ai vite été fascinée par cet homme engagé, militant, condamné à l’exil. Ce récit de voyage nous emmène en Patagonie où les deux auteurs ont bourlingué en 1996. Il est marqué de rencontres, d’anecdotes, d’histoires … De folles aventures qu’on a envie de partager.

 

Les larmes de l'assassinLes Larmes de l’assassin / Thierry Murat

Patagonie, encore avec l’adaptation BD très réussie du roman d’Anne-Laure Bondoux par Thierry Murat. Au sud du Chili, Angel Allegria, un assassin en cavale prend sous son aile le garçon dont il vient de tuer les parents. Il l’élève comme son fils et peu à peu connaît des sentiments nouveaux pour lui : l’amour, la souffrance morale, le remords. Poignant.

 

nostalgie lumièreNostalgie de la lumière / Patricio Guzman

Ce documentaire bouleversant nous embarque, lui, dans le désert d’Atacama, où des astronomes étudient le ciel à travers des télescopes géants mais également où l’on trouve les ossements quasi-intacts des « disparus », des prisonniers politiques de la dictature d’Augusto Pinochet. Patricio Guzman réussit à mêler poésie, politique, philosophie, engagement avec une grande subtilité.

No / Patricio GuzmanNo / Pablo Larrain

En 1988, Augusto Pinochet consent, sous la pression internationale, à organiser un référendum qui indiquera si le peuple souhaite le voir rester au pouvoir. Pablo Larraín fait le ce récit de la campagne d’un camp et de l’autre ; Gael García Bernal incarne René Saavedra, le jeune publicitaire chargé d’organiser la promotion du « non ». Chaque jour, pendant la campagne, les partis d’opposition auront la parole pendant un quart d’heure ! « No » est un film politique original, d’une part par le choix du réalisateur de travailler avec des caméras des années 80, d’autre part, parce qu’il réussit à universaliser le propos, à en faire une histoire qui dépasse les intérêts du peuple Chilien. Une réussite couronnée par l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2013.

Sergio Larraín par Jean MouniqLes photographies de Sergio Larrain

Je les ai prises en pleine figure à l’occasion d’une exposition à la Fondation Henri Cartier Bresson. Elle avait pour titre « Vagabondages », tout un programme ! A Santiago du Chili, Sergio Larrain a suivi des enfants des rues ; en Bolivie et au Pérou, il photographie les indiens ; à Londres, il part sur les pas de Bill Brandt; à Valparaiso, il arpente les ruelles … « Il faut aller là où tu le sens… Peu à peu tu vas rencontrer des choses. Et des images vont te parvenir, comme des apparitions. Prends-les ».

 

Le fils de l'ombre et de la femme oiseauLe fils de l’ombre et de l’oiseau / Alex Cousseau

J’ai déjà évoqué ce roman, mais ne peux m’empêcher d’insister : laissez-vous porter par l’aventure, par cette belle épopée qui commence avec en exergue une citation de Jim Harrison « La tête est une ancre de nuages que les pieds doivent suivre. Voyagez léger, dit-il, ou ne voyagez pas. » .

 

Pablo NerudaLes poésies de Pablo Neruda

« Je veux vivre dans un pays où il n’y ait pas d’excommuniés. Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries. Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser. Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie. Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. »

La poésie de Pablo Neruda est libre, engagée, tout autant que sensible, bouleversante ; il y est question de liberté, de fraternité, d’harmonie. Des pépites pour nourrir son âme !

 

Le Reste est le silenceLe Reste est silence / Carla Guelfenbein

Une histoire à trois voix, l’histoire d’une famille recomposée en proie aux traumatismes du passé, une histoire de secrets et de non-dits. L’émotion grandit au fil des pages, les personnages finissent par nous habiter. Un ton juste, une très grande sensibilité, de la pudeur et beaucoup de tendresse. Un très beau roman.

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

Une réflexion au sujet de « Voyage imaginaire : le Chili »

  1. Ping : Let’s go to Paris ! | Louise et les canards sauvages

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s