Flop 2015 #2 : Horreur vidéo-ludique

GrumpyPuisque à ma grande surprise j’ai survécu au dernier Flop  – Ce qui, connaissant la prédisposition de mes collègues à la fourberie, est d’une incroyable étrangeté – il est l’heure de ne pas apprendre de nos erreurs et de nous attaquer à la production vidéo-ludique de 2015.

Encore une fois, afin de garder la bave juste et objective, il ne s’agira que de jeux auxquels j’ai joué moi-même, et pour certains qui dépassent un peu sur 2016. L’objectivité sera bien sûr omniprésente dans ce qu’elle recèle de mauvaise foi la plus pure, j’en fais le serment.

Sur ce, commençons les hostilités :

X-COM 2 :

XCOMJ’aime X-COM, profondément. Depuis les jeux les plus ancestraux (pour des raisons qui m’échappent, j’ai de vibrants souvenirs de la première édition, sortie pourtant en 1994, quand j’avais 5 ans) jusqu’à celle de 2012. Je les ai faits, refaits, re-refaits, j’ai parcouru leurs modules – à faire : L’excellent Fan-Made « The Long War » qui redonne tout un sens à la campagne de Enemy Unknow – et j’en ai apprécié chaque seconde, et même chaque pixel, pour les plus vieilles éditions, qui devaient quand même plus ou moins faire la taille de mon pouce (Ce qui équivaut à peu près à la taille moyenne de l’objectivité d’un fan de Star Wars VII, mais passons).

Alors que fais-tu dans ce flop, X-COM 2, toi qui n’es même pas sorti en 2015, d’ailleurs, mais en 2016, et qu’as-tu fait de toutes les leçons de game-design apprises en 20 ans de licence ?

La réponse est simple : tu les a mis dans une benne à ordures, tu les as arrosés d’essence, avant de leur lancer une allumette et de danser autour tout en lançant au ciel les millions de dollars des honnêtes fans.

J’exagère ? Oui, un peu. Mais juste un peu, alors.

Pourtant, tout partait pour le mieux. Firaxis avait dit s’être inspiré pour ton développement de toutes les améliorations apportées par les fans dans « The Long War », le pitch du scénario était très excitant, et tu surfais sur la hype d’un jeu à la qualité jamais démentie.

Alors pourquoi ?

Pourquoi ces missions à limite de temps qui ruinent totalement la dimension de positionnement tactique des unités? On se retrouve parfois dans des situations proprement absurdes où toute forme de stratégie vole en éclat dans une simple course  vers le point final, réduisant à néant l’intérêt  de certaines classes (je pense à toi, honnête tireur d’élite) et favorisant bien plus la chance que la qualité du placement.

Pourquoi ce jeu sorti visiblement bien trop tôt, avec tes framerates bien trop élevés, tes ralentissements incroyables malgré le peu d’agitation à l’écran et tes bugs fréquents ?

Pourquoi ce sentiment diffus d’une copie bien trop vite rendue, avec une campagne minimaliste où la répétition des missions laisse place après 7-8 heures de jeu à une simple rengaine encore et encore renouvelée jusqu’à la fin du jeu ?

Bref, après les leçons de « The long war », après toute cette attente et cette hype, nous étions en mesure d’attendre beaucoup mieux, dommage !

Sword Coast Legend : 

Sword coast legendEn bon rôliste, apprendre qu’un jeu s’apprête à sortir sous licence Donjons & Dragons me fait forcément quelque chose, d’autant que si cette licence a pu produire quelques atrocités comme Temple of Elemental Evil, elle a aussi su produire le meilleur avec Baldur’s gates ou Neverwinter night par exemple.

La sortie du jeu-vidéo devait coïncider avec l’arrivée des règles de la 5éme édition pour le jeu de rôle papier, et se faire l’ambassadeur des nouvelles règles , ajoutant encore à ma curiosité. D’autant plus que les développeurs avaient su allécher les rôlistes avec la promesse d’un éditeur de donjon permettant de créer ses propres aventures à jouer en ligne entre amis.

Bref, beaucoup des voyants étaient au vert, et j’attendais impatiemment de pouvoir brandir mon épée à la face de tout les Trolls et Gobelins du coin.

Qu’en est-il donc du produit final ? Eh bien… Évidemment, pas grand-chose de valable, et surtout quasiment rien de ce qui était annoncé.

Le jeu est un bête RPG, et si l’histoire – quoique assez cliché – peut être prenante, le gameplay est à des années lumières de ce qui se fait de bien aujourd’hui – ou même il y a 15 ans, puisque le malheur de ce jeu est de devoir se comparer à ses augustes ancêtres, Baldur’s Gate en tête.-

Toute la notion de gestion des ressources propres aux jeux de rôle et à la licence donjon & dragon en particulier, est abandonnée pour un bête système de temps de rechargement des sorts, transformant le combat moins en jeu tactique qu’en capacité à infliger des souffrances à un clavier innocent en s’acharnant à appuyer sur ses touches le plus vite possible.

Quand au mode de création… Eh bien suffit de dire que la seule création qui est réellement proposée s’apparente à choisir vaguement une atmosphère de donjon et les quelques monstres qui vont le peupler. Tout le reste, jusqu’aux récompenses finales, sont aléatoires… Bref, à mille lieux des attentes des joueurs.

Il faut reconnaître que le jeu portait bon nombre d’espoirs, et qu’il n’y a rien de mieux pour créer de la déception chez les joueurs. Cependant, avec du recul, je n’arrive même pas à me dire qu’il s’agit la d’un bon jeu dans l’absolu, mais qui ferait pâle comparaison avec ses aïeux. Non, il s’agit juste d’un jeu médiocre, et la déception n’est au final qu’un coup de pelle en plus dans la tombe qu’il s’est creusé.

Heroes of the storm :

HOTSGrand consommateur de MOBA et grand client des productions Blizzard, j’étais évidemment très curieux de voir ce que donnerait leur vision du genre. D’autant plus que le casting des personnages jouables était évidemment très alléchant pour l’honnête fan que je suis.

Et… Si le gameplay est en effet rapide et plutôt efficace, si l’arsenal de héros disponible prête à des sursauts de nostalgie, la profondeur du jeu laisse elle beaucoup à désirer.

Dans un désir assez évident de rendre le jeu très accessible aux « casuals », c’est beaucoup des mécaniques qui fondent le genre qui sont repensées, de manière souvent un peu malheureuse.

En effet le jeu est pensé pour que jamais le joueur ne se retrouve dans une situation où la partie serait forcément perdue, parce qu’il aurait pris trop de retard. Cependant, au lieu de rendre le jeu plus plaisant à jouer, il le rend surtout terriblement aléatoire. Qu’une équipe joue avec brio et prenne l’avantage pendant 20 minutes, celui-ci est au mieux ténu, et on peine beaucoup à avoir le sentiment d’être en train de gagner.

Les mécaniques mises en places vont complétement dans le sens d’un lissage continu des différences entre équipes. Qu’il s’agisse de l’expérience qui augmente plus lentement si la différence entre les équipes est trop grande ou de l’absence d’objets, tout est fait pour rendre le jeu très accessible… Tuant par là-même un peu son âme et le goût de la complexité qui fait souvent le succès des MOBAs.

Star Wars Battlefront :

SW BFA croire que le destin me pousse à un acharnement systématique contre la licence.

Le projet était là aussi sur le papier très alléchant : un champ de bataille géant, des vaisseaux, des jedis, des siths et la qualité de l’opus précédent auguraient d’un produit de qualité, d’autant que la qualité annoncée des graphismes faisait baver tout joueur PC avec une bécane un peu costaud.

Mais… La désillusion frappe vite. Passons rapidement sur le mode solo qui est terriblement anecdotique. On répondra qu’on n’a probablement pas acheté ce jeu pour y jouer tout seul, mais c’est toujours un peu décevant de réaliser que le titre n’a même pas pris la peine d’essayer de fignoler un peu ses modes de jeu en solitaire.

Le multijoueur donc : passer le premier frémissement de joie à l’idée de participer aux batailles dantesque qui composent l’univers de Star Wars (Courir dans la forêt d’Endor arme à la main reste une expérience jouissive), on se rend vite compte des limitations du jeu.

L’équilibrage déjà : la différence de qualité des armes est abyssale, et s’il peut sembler normal d’offrir à un vétéran un équipement de meilleure qualité, il ne fait vraiment pas bon être un débutant au pays de Battlefront. Aussi, jouer rebelle tient parfois de la gageure tant certaines cartes avantagent l’empire. On pensera notamment à ces pauvres rebelles qui essayent de faire tomber les TB-TT, et qui se font presque systématiquement écraser. Bref, problème.STAR war gif

La qualité du gameplay ensuite : c’est tout de même très gênant dans un FPS que la visée soit aussi approximative, les animations parfois à la ramasse, l’obligation de jouer à la troisième personne quand l’on joue un des héros n’aident vraiment pas à apprécier le jeu.

Enfin, le jeu donne vaguement l’impression d’avoir été torché en vitesse pour surfer sur la vague Star Wars, et s’il offrira sans doute aux fans de la série quelques beaux moments à incarner les héros iconiques des sagas, il fera aux autres l’effet d’un FPS médiocre et au final assez vite oubliable…

Tony Hawk’s Pro Skater 5 :

TH 5Et… Voici le naufrage final d’une licence qui aura subi une lente dévolution de jeu de skate ultime à limace hideuse.

Le jeu a changé de créateur, et c’est maintenant Robomodo qui prend la main pour offrir au monde du jeu vidéo un des plus gros suicides de licence que j’ai vu.

Oubliées les cartes géantes regorgeant de clin d’oeil et de blagues potaches, de bonus planqués et d’objectif secrets que le joueur assidu découvrira en s’acharnant encore et encore.

Non, désormais, il faudra faire avec des graphismes hideux noyés par un Cell-Shading raté dans une tentative avortée de cache-misère, un gameplay fade, des décors qui semblent se déconstruire toutes les minutes à grand coup de bug de textures et des cartes mal fichues, sans rien de la liberté des premiers opus.

Bref : le dernier opus datant de 2002, on ne peut pas vraiment dire que cette licence était encore attendue, et vu la réception critique et l’échec absolu de ce dernier opus, on imagine bien qu’il s’agissait là du dernier sursaut du cadavre.

Et c’est ainsi que s’achève cette série de flop 2015, décidant avec sagesse de préserver les restes de bonté que je conserve en n’abordant pas la musique et les livres. Et oui, aussi parce que continuer à pondre des flops de 2015 en mai, ça virerait un peu au ridicule, certes.

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