Ce pays qui « nous » ressemble

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« La terreur est un acte intellectuel qui résulte d’une pensée »

« Soigner la douleur, c’est rétablir les attachements »

« Il faut de l’intelligence pour combattre la terreur. Pas de la terreur ! »

« La thérapie permet de passer du statut de victime au statut de témoin »

« Il faut apporter de la pensée complexe aux populations à risques, qu’on croit démunies »

Tobie Nathan

Invité d’Arte ou de France Culture, l’éthno-psychiatre et écrivain, Tobie Nathan, s’est exprimé, avec beaucoup de douceur et de mesure,  suite aux attentats du 13 novembre  pour mettre des mots sur la terreur exprimée par les français et donner des pistes de réflexion intelligentes pour y remédier et lutter contre celle-ci.

lunettestobiePar un pur hasard, j’étais plongée au même moment dans la lecture de son dernier roman, Ce pays qui te ressemble (éditions stock, Août 2015). Je ne sais si l’émotion du moment est venue se mêler à ma lecture mais j’ai trouvé dans ce roman une évasion, une bouffée d’air…

Tobie Nathan nous plonge dans l’Égypte du début du XXème siècle, celle où les juifs de la ruelle Haret el Yahoud, vivaient en paix avec les musulmans voisins. Certes il y évoque l’installation anglaise luttant contre l’avancée de Rommel, qui mêlée à la corruption et aux folies décadentes du roi Farouk, dernier pharaon adoré de son peuple, ont menée à l’émergence des premiers mouvements islamistes des frères musulmans –  « première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir » – mais avant cela, il nous éclaire un monde et une époque où vivre ensemble était et reste donc possible si l’on veut rester optimiste.

egyptetobieC’est dans le ghetto juif du Caire que naît , contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa sœur de lait, Masreya, issue de la fange du Delta, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant.

Dans une écriture chatoyante, il nous livre une saga égyptienne féérique, imprégnée de rêves et de mythes, qui rappelle la beauté et la volupté du monde arabe. Un monde que Tobie Nathan aime parce qu’il en vient mais aussi parce qu’il s’intéresse à l’altérité. « Quand on arrivera à aimer ce que l’on n’est pas et que l’on arrêtera de chercher constamment dans l’autre, notre identité, notre semblable alors les choses pourront peut-être changer ».

Dans son roman, les femmes juives et musulmanes mêlent leur sortilèges ancestraux  pour faire naître et vivre Zohar. Né sous une double étoile et doué d’une intelligence remarquable, il mène son destin au sommet de la société égyptienne et profite intensément de la vie, tout comme Masreya, l’amante et la sœur de lait, en prenant ce qu’il y a de plus jouissif dans chaque culture. De part et d’autre, les arrangements avec la religion et les traditions sont fréquents du moment qu’il s’agit d’être heureux et de se faciliter la vie, ce qui devrait être l’essence même de toute spiritualité.

Retrouvez ce beau roman à la bibliothèque !

Bonne lecture !

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