Daisy sisters

9782021030198Je ne vais pas vous dire que c’est un roman d’été, parce que ça pourrait sonner « péjoratif ».
Je pourrais quand même vous dire que c’est un roman d’été, parce qu’il se lit comme un vrai bon roman dont on veut absolument continuer à tourner les pages, allongé(e) dans son transat ou sur la plage…

Bon, d’accord, ce résumé n’est pas très explicite, on va faire mieux :

« 1941. Troisième année de guerre. Un hiver effroyable rachète sa vigueur par un été long, sec et brûlant dans tout le pays.
Vivi et Elna sont parties à vélo dans un pays qui pour l’instant se trouve en-dehors de la guerre. Sur le modèle américain, elles se font appeler les Daisy sisters. Deux jeunes filles qui aiment chanter ont nécessairement un nom, même si leur répertoire se limite à quelques rengaines un peu niaises et des chansons apprises à l’école. Elles ont d’abord envisagé de s’appeler les Ziegler Sisters en référence à la chanteuse danoise Lulu Ziegler, ou les Serrano Sisters d’après la rossignole chilienne Rosita Serrano. Elna trouvait que ça sonnait bien. Mais à peine étaient-elles sorties d’Älvdalen, où le train les avait déposées avec leurs vélos, qu’elle avait déjà cédé devant l’insistance de Vivi. Vivi s’est rapidement révélée être quelqu’un de tenace.
Peu importe. C’est l’été – ça au moins c’est sûr – et Elna sera violée. Ou presque… »

11ème page du livre, et le ton est donné…

Henning Mankell, en conteur fabuleux, dispense en petites touches l’inévitable qui attend ses héroïnes, Elna et Eivor. (Qui est Eivor ? Non je ne vous dirai rien !)
Et une chose est sûre, il les aime ses héroïnes; même s’il ne les épargnera pas dans le tourbillon de la vie, dans une société suédoise secouée par plusieurs crises sociales, quand être une femme signifie beaucoup d’obstacles à surmonter et de choix difficiles à assumer.

J’ai aimé découvrir le sort réservé à Eivor et Elna avec cette dimension inéluctable, entre fatalité du destin et décisions prises à contre-courant de ce qu’on imaginait.
Cabossés, plein d’aspérités, les parcours des deux femmes seront faits de moments de doutes, d’espoir, de bonheur, de déception : tout ce qui fait la richesse d’une vie humaine; avec l’incroyable affection que leur porte leur « père spirituel », Henning Mankell, qui se penche avec affection et sensibilité sur ses héroïnes.

QUIZ_Henning-Mankell-et-Kurt-Wallander_4891J’ai aimé m’attacher à elles très vite, découvrir leur lutte quand elles ont tenté de s’émanciper…
J’ai aimé rencontrer avec elles des hommes abîmés eux aussi par la vie et ses hivers rigoureux, comme le jeune et fougueux Lasse, victime de son jeune âge et d’un acte irréparable; ou Anders, vieillard aviné qui avait gardé son âme d’enfant et son goût pour le travestissement.

Et que dire de cette savoureuse scène de renversement de pouvoir, quand Eivor, excédée par les images pornographiques qui recouvrent sa salle de pause, décide de s’embarquer dans un bras de fer cocasse et pacifique, prête à choquer à son tour ses collègues masculins bourrus et misogynes ?…

Bonne nouvelle, vous pourrez retrouver les Daisy Sisters à la bibliothèque !

PS : et si vous avez accroché à Daisy sisters, testez Les chaussures italiennes, vous m’en direz des nouvelles !

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