Imaginales : Impressions et combustion

Aujourd’hui, une question que tout le monde se pose. Qu’est-ce qui fait le lien entre : des littéraires au poil long, des gens tout nu et peinturlurés dans l’herbe, de grands chapiteaux, des personnes qui se baladent en corset et des dragons ?

Si vous avez répondu « Un mélange étrange de Tolkien, de Fifty shades of Grey et de la Petite maison dans la prairie« , vous avez un imaginaire extrêmement dérangeant et il ne reste plus qu’à espérer que vous n’approchiez jamais de la moindre tentative de création littéraire.

Car la réponse était bien évidemment les Imaginales, festival dont l’édition 2015 se tenait durant le dernier week end de mai, et dont votre serviteur revient la tête pleine, le sac lourd et le porte-monnaie vide. Il faut d’ailleurs que quelqu’un se penche très sérieusement un jour sur la propriété alchimique de conversion spontanée des comptes bancaires en papier, élément fascinant qui touche bien des bibliothécaires innocents, laissant dans son sillon foyers dévastés et armoires débordantes.

Mais qu’est ce que les Imaginales, donc ?

La réponse facile serait « Un festival de littérature de l’imaginaire ». Et comme toutes les réponses faciles, ce serait sacrément incomplet, puisqu’il s’agit là d’un assemblage foutraque et créatif hautement réjouissant.Imaginales2

C’est d’abord un lieu. Un bord de fleuve à Épinal, au cœur d’un parc et au plus chaud du mois de mai. Et malgré le côté « Zone de combustion pour Rouquin », c’est un environnement des plus sympathiques pour y passer trois jours.

C’est aussi un prix. Décerné depuis 2002, il récompense cette année Manesh de Stefan Platteau pour les romans francophones, Comme un conte de Graham Joyce pour les romans étrangers, La voies des oracles d’Estelle Faye pour les romans Jeunesse, L’étrange cabaret des fées désenchantées d’Hélène Larbaigt dans la catégorie Illustration, Père des pierres de Orson Scott Card pour les nouvelles, et enfin Vincent Férré reçoit le prix spécial du Jury pour son travail sur Tolkien.

Et des rencontres. Aussi bien avec des auteurs, la liste d’invités étant impressionnante (Pour en citer certains, le festival aura eu cette année Robin Hobb, Brent Weeks, Jean-Philippe Jaworsky, Pierre Bordage, Lionel Davoust, et bien d’autres…) qu’avec d’autres lecteurs passionnés et passionnants, entre débats fougueux (Tywin Lanister, un brave type au grand cœur et incompris ?), activités variées (qui, soyons honnête, impliquent quand même beaucoup de trucider du dragon à coup de dés) et combat au sabre dans l’herbe. Bref, il était tout aussi possible de repartir avec des dédicaces plein le sac qu’avec la tête fendue.

Ce sont des conférences, parfois sérieuses, souvent loufoques (La présence de l’auteur de Naheulbeuk pouvant transformer n’importe quel débat en délire jouissif), sur des sujets aussi divers que « La fin du monde, et puis après ? » que des considérations sur le métier d’auteur ou sur la manière de faire mourir ses personnages. (G.R.R. Martin aurait été fier.)Imaginales 4

Enfin, c’est surtout une ambiance conviviale et détendue, entre body-painting de clôture du festival, stand de sieste, ludothèque ouverte, lecture au soleil et Molky sauvage…

Et pour conclure, une phrase entendue là-bas et qui résume bien mieux le festival que tous les exposés du monde : « Tu vois, les Imaginales, c’est un peu comme un gros gâteau au chocolat, sauf que quand tu découpes une part, tu vois qu’y’a une deuxième épaisseur de chocolat à l’intérieur, et puis une troisième encore dedans. Avec même peut-être une noisette au milieu ».

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