Tout est perdu (Solitude partie 2)

All is lost

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Le second film de JC Chandor, après un très remarqué Margin Call, nous plonge dans la tentative de survie d’un homme faisant une croisière en solitaire sur un bateau qui un jour heurte un container échoué et voit sa coque se fissurer et les éléments se déchaîner contre lui.

Au début du film, un texte aussi mystérieux que funèbre :

« Je suis désolé. Je sais que ça ne veut pas dire grand-chose, mais je le suis. J’ai essayé, je pense que tu t’accorderas à dire que j’ai essayé. D’être vrai, d’être fort, d’être bon, d’aimer, d’être juste. Mais je ne l’ai pas été. Et je sais que tu le savais. A ta façon. Et je m’en excuse. Tout est perdu ici, sans pour l’âme et le corps, enfin ce qu’il en reste, et une demi-journée de ration. C’est inexcusable vraiment, je le sais maintenant. Pourquoi m’a-t-il fallu si longtemps pour admettre ça. Je me suis battu jusqu’à la fin. Je ne suis pas sûr que ça en vaille la peine, mais sache que je l’ai fait. J’ai toujours espéré plus pour vous tous. Vous me manquerez. Je suis désolé. »

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Ce sont ces mots qui ouvrent le film et ce seront les quasi-seuls de tout le film. En effet, seul sur son navire, Robert Redford (qui joue l’homme seul) ne parle pas, jamais. Le choix du comédien, âgé de 77 ans lors du tournage, est primordial. Limité par son âge dans sa capacité à gérer les situations, d’autant qu’il a effectué lui-même la majeure partie des cascades du film, c’est au travers de son corps et de son visage émacié que transitent toutes les émotions du film. Redford, seul sur son navire, face au sort qui s’acharne sur lui, trouve dans ce film un film à sa hauteur. Il n’est pas, à cet instant, sans nous rappeler les silences, en communion avec la nature, du grand Jeremiah Johnson de Sidney Pollack, où l’acteur incarnait un pionnier débarquant dans l’Amérique sauvage.

Et puis il y a ce bateau, en pleine déchéance, reflet de la déchéance du héros, comme le texte du début semble l’indiquer. Seul décor du film, le navire de Redford semble irréparable, comme les souffrances du héros dont on ignore tout sinon quelques mots. All is Lost, tout est perdu ici… Le container qui vient heurter le bateau sonne ainsi comme un rappel, une impossibilité d’échapper au monde extérieur, à sa barbarie…

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L’autre élément qui nous marque, c’est, dans ce silence, le soin apporté à la musique. Composé par Alex Ebert, la musique est une magistrale ode mélancolique à l’océan, comme si rien que par sa partition, l’auteur cherchait à nous faire ressentir l’intensité et la solitude que l’on peut ressentir dans une expédition en solitaire, face à l’immensité.

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C’est par cette musique et le visage marqué de son acteur que passe toute l’émotion d’un film bouleversant, miroir d’un personnage et d’une utopie détruite, dont l’image finale n’en devient que plus bouleversante.

Musique (cliquez là !) et film (cliquez là !) sont disponibles à la bibliothèque.

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