Personne ne vous entend crier (Solitude, partie 1)

Quand on est bibliothécaire, on a tendance à adorer les « croisements thématiques », soit parvenir à parler d’une œuvre et faire le lien avec d’autres œuvres sur des supports différents.

Si vous êtes un peu cinéphile, vous aurez reconnu au titre la très célèbre phrase de l’affiche d’Alien : « dans l’espace, personne ne vous entend crier », devenu légendaire et reprise un peu partout.

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Les deux œuvres que je vais croiser vont parfaitement avec cette accroche.

Le premier, « Seul sur Mars » d’Andy Weir (Bragelonne) est un roman de science-fiction particulièrement réussi. Présenté comme un véritable thriller, Seul sur Mars raconte l’histoire de Mark Watney, scientifique botaniste qui lors d’une opération sur la planète rouge se retrouve accidentellement abandonné par son équipe qui évacue en urgence le croyant mort. S’ensuit pour lui (et pour nous, lecteurs transis) une course contre le temps et les éléments pour survivre en attendant l’arrivée de la prochaine mission, qui arrivera dans 3 ans.

Seul sur Mars

La force de Seul sur Mars, c’est de ne jamais se détacher de cet aspect crédible. Watney est un scientifique acharné, et chacune de ses tentatives (faire pousser des plantes, reconstruire et transformer ses ressources limitées pour survivre) sont autant de moments intelligents, riches en détails pour mieux comprendre ce qu’il fait et pour mieux nous tenir en haleine. Le caractère désespéré de sa situation sont autant de moments fous à vivre pour le lecteur.

L’autre force, c’est complicité qui s’exerce entre nous et les aventures solitaires du héros. Andy Weir en profite pour construire une vraie aventure humaine comme peut l’être celle des hommes abandonnés sur des îles désertes. Watney, tel Robinson ou le personnage incarné par Tom Hanks dans « Seul au monde », vit aussi par procuration avec ses anciens partenaires, au travers des livres et des musiques que ces derniers ont emmenés. L’auteur passe aussi du temps sur sa mélancolie, sa solitude, et son envie de vivre. « Que ferai-je quand je rentrerai ? » ; « Qu’aurait-on emmené avec soi ? » comme on se répète pour mieux essayer de discerner ses priorités de vie…

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(Première page du scénario de « The Martian », l’adaptation de Scott, avec un dessin du réalisateur en bonus)

Et quand on sait que Ridley Scott est en train d’adapter le roman en film, avec Matt Damon dans le rôle titre, on voit bien ce qui a pu intéresser le réalisateur d’Alien (tout est lié) dans ce récit SF passionnant.

Et pour mieux faire une connexion géniale, je vous invite à vivre votre aventure de survie dans l’espace avec un des meilleurs jeux vidéo de 2014. Disponible sur smartphone et tablette (bientôt sur PC), « Out there » vous met dans la peau d’un astronaute qui se réveille dans son vaisseau après un long sommeil cryogénisé. Malheureusement pour lui, il est le seul survivant et doit tout faire pour survivre. Disposant de ressources, il vous incombe d’atteindre l’autre bout de la galaxie. Pour cela, vous devez gérer votre vaisseau et explorer les planètes que vous croiserez afin d’en extraire les ressources, rencontrer d’autres peuples de la galaxie, échanger avec eux (avec les mauvaises compréhensions, les maladresses)…

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Out There est un chef d’œuvre parce que c’est un jeu simple à gérer (on en comprend vite le mécanisme) et en même temps foisonnant. Chaque partie est un nouveau voyage très différent, avec ses embûches (quand la fin parait inévitable…) et ses moments de joie (quand au hasard d’une galaxie, la fortune survient). Ces variantes illimitées permettent d’endurer la difficulté importante du jeu, qui n’est pas tendre avec le joueur, mais qui pousse à recommencer encore et encore. Le tout dans un univers graphique et surtout une ambiance sonore splendide et extrêmement immersive.

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Qu’il s’agisse du roman d’Andy Weir ou du jeu de Mi-Clos, nous sommes face à deux visions d’un même voyage, où l’espace est une abyme où le héros fait face aux éléments mais aussi à lui-même, dans ses doutes, sa solitude et sa mélancolie. Deux aventures extrêmes, deux voyages inoubliables.

[à suivre, donc, pour un futur texte sur une autre aventure en solitaire…]

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