Critique CD : Casseurs flowters

image001Et si on prenait deux trentenaires qui jouent aux adolescents dégénérés, qu’on leur demandait d’écrire le compte-rendu de leur journée – de mecs paumés – la plus banale possible, et qu’ils le faisaient sous forme de disque.

 

 

Oui, je parle bien des Casseurs Flowteurs. Et oui, derrière le côté complètement débile et outrancier des propos, c’est quand même franchement jouissif.

« T’as presque perdu tout tes points, ouais
Et tu remplis qu’la réserve quand tu fais l’plein, ouais
Quand on t’parles du futur, tu réponds qu’t’y connais rien
T’es parano, t’es même pas sur que tes potes t’aiment bien, nan
Ta meuf crie tout l’temps : « Haut les mains ! », haut les mains
Parce que tu t’branles encore comme un collégien, ouais
Plus t’avances, plus tu régresses, esquiver : tu connais bien
Tu squattes dans les wagons-bar pour frauder l’train, ouais
Est-ce que tu portes les fringues avec lesquelles tu dors ?
Est-ce que tu prends toujours la file où la caissière est la plus bonne ?
Est-ce que, quand la voisine gueule, tu montes le son plus fort ?
Est-ce que ton canapé et ton corps de baleine fusionnent ?
Pas d’sport depuis des années, depuis des années
Pause clope dans les escaliers, au premier palier
Si tu mets l’réveil deux minutes avant l’heure d’aller taffer
Si t’es déphasé, décalé, égaré, désaxé »

Qu’on ne se méprenne pas : Non, ce n’est pas l’album rap de l’année, porteur d’un message social fort et d’une verve toute en finesse. Mais il y a quelque chose d’affreusement bête, d’affreusement primaire,  et de… pur ?, derrière les éructations de ces deux larrons, qui rythment leurs journées de débats sur la prostitution absolument aberrants, de vadrouilles sous l’abribus et de vannes. Surtout de vannes, d’ailleurs.

Orelsan et Gringe livrent un album concept complètement tordu et loufoque, compte-rendu détaillé d’une journée au pays des losers. Mais un loser grandiloquent, plein d’outrance, d’exagération et de génie derrière ses questionnements existentiels autour du sexe, du sexe, de la boisson, du sexe et de la glande.

Bonne nouvelle au passage : L’album est dispo à la bibliothèque !

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