Dead Kennedy (Perfect Circle)

dead kennedy
Dead Kennedy c’est une histoire de fantômes. Non, plutôt l’histoire d’un mec qui voit des fantômes. Ouais c’est plutôt ça.

Sauf qu’en fait l’essentiel est ailleurs. Dead Kennedy c’est une petite tranche de la vie d’un homme en proie à des doutes tout ce qu’il y a de plus humain, galérant comme n’importe quel smicard de tous les jours, et sujet à la peur de l’avenir comme chacun de nous l’a ressenti un jour.

Et c’est un livre classé parmi les genres de « l’imaginaire ».

Will « Dead » Kennedy est un trentenaire plus près des quarante que des trente cinq. Il vit dans un appartement minable, a un boulot de merde dans une animalerie, et sa vie sentimentale est un sombre désert depuis que sa femme l’a quitté pour un militaire. Super. Si on ajoute à ce tableau sa fille de treize ans qu’il voit une semaine sur deux et pour laquelle il essaie de maintenir un semblant d’apparences, et son voisin/meilleur pote avec lequel il refait le monde autour de bières mexicaines ignobles, on se dit qu’on est dans un livre lambda, plutôt bien écrit, hein, mais qui est loin de me donner ma dose nécessaire de bonne littérature … Les choses deviennent un peu plus compliquées lorsqu’on apprend que Will voit des gens qui sont morts. Des fantômes, des revenants, qui hantent des lieux ou des personnes. Un don assez limité qui, outre le fait que tout le monde le prenne pour un con, ne lui amène que des emmerdes … mais est tout indiqué pour lancer l’intérêt du lecteur.

On se dit que c’est cool, qu’on retrouve une partie du pitch de Sixième Sens, qu’on a nos repères, on se demande à quel moment l’auteur va nous révéler que son héros est mort en fait, on se dit aussi que toutes ces grosses ficelles, c’est sympa mais ça va cinq minutes. Grossière erreur.

La qualité de ce bouquin réside en une toute petite chose, insignifiante en fait, mais cruciale : on se fait avoir. Ce petit roman gentillet, en demi-teinte, ni tout à fait assumé comme littérature de genre, ni tout à fait littérature d’introspection, vous fait basculer à un moment très précis dans le pur intérêt littéraire. Toutes ces conneries sur les fantômes, tous ces personnages secondaires (bien réussis, rien à redire), cette ambiance de loser, tout ça ne sert qu’un seul but : vous éloigner de vos préjugés et de vos attentes de lecteur. Et c’est génialement fait.

Voilà. Dead Kennedy était un bouquin de la collection Interstices chez Calmann-Levy. Et encore une réussite. Et c’était toujours Sébastien Guillot aux manettes (c’est bien aussi de savoir qui édite les bouquins qu’on aime bien).

P.S. : profitez-en pour réécouter un album des Dead Kennedys (ou en voler un en bibliothèque)… le jeu de mot du titre en français n’est peut-être pas si innocent.

à retrouver à la bibliothèque

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