Samuel, bientôt 30 ans

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Attention, ouvrage au vitriol. Pamphlet d’abord paru sur son blog, celui-ci déchaine les passions – 150 000 visite en un mois – et Samuel Lévêque, l’auteur, trouve dans les commentaires de son blog un éditeur intéressé pour le publier. Trois coups de baguette magique d’internet plus tard, l’ouvrage était disponible en librairie.

Trente ans, trente ans l’âge mûr.
Où l’on s’aperçoit qu’on peut pas compter sur
L’élasticité du tissu, c’est sûr…
Bébé rose est tout content,
T’as grimpé sur le toboggan.
Maintenant que tu ris moins fort,
Tu vas dégouliner sans faire d’effort…
Arrêtez. Ça va trop vite.
Je deviens tout mou de partout.
Ça s’précipite.
 

L’ouvrage questionne  la paupérisation financière – Mais aussi culturelle, sociale et affective – des jeunes (Principalement, ceux nés dans les années 80), dans une société qui n’a pourtant jamais été aussi riche, ou l’accès à la culture n’a jamais été aussi aisé et le niveau d’étude moyen aussi élevé.

«C’est quand même fou, au fond. En Algérie, ils ont besoin de l’armée pour calmer les gens. Ici, on a L’Amour est dans le pré et Easy Jet.»

La prose est acerbe, ironique et frappante. Samuel Lévêque dresse le portrait de ses galères, qui paraissent d’autant plus absurde que l’auteur vient d’un milieu aisé et culturellement riche et, comme il le dit, « «Mon amie comme moi avons pourtant fait des études professionnalisantes dans des domaines où les besoins sont avérés et le nombre d’étudiants formés en rapport avec le nombre d’offres d’emploi, pas un vague DEUG abstrait en sociologie des pygmées.»

En pointant l’absurde sous un déluge de formules choc, la problématique transpire dès les premières pages. Comment vivre avec ce sentiment que le progrès social et les grandes conquête sont derrière nous, la culture barricadée derrière un système archaïque complètement arc-bouté sur ses schémas ancestraux, les études de moins en moins gratifiantes «Combien de Bac+8 à la place d’un Bac+5 lui-même à la place d’un Bac+3 à la place d’un Bac tout court à la place du gars qui a son Brevet, lequel peut bien aller se faire foutre, il avait qu’à être bon en dictée?» et, surtout, le mépris de ceux qui ont connu les trente glorieuses et ne comprennent pas ce spleen de la jeunesse, qu’ils se contentent de voir comme une bande fainéant ingrat.

Disons le tout de suite : l’ouvrage est franchement désespéré. Mais drolatiquement désespéré, tout en exaspérations et en sarcasmes, et s’il ne s’agit en effet pas d’un exposé didactique des maux de notre époque – Ce qui serait de toute manière compliqué, le livre se dévore aisément en 45 minutes – c’est tout de même au mieux un très bon moyen de questionner sérieusement la mort lente d’une jeunesse, ou tout au moins de se marrer franchement devant la prose percutante du monsieur.

toto30ans

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